La coroner Andrée Kronström a commencé son enquête publique, lundi, pour trouver les circonstances et l’ensemble des facteurs qui ont contribué au décès de quatre travailleurs dans des chantiers de construction du Québec.
Les quatre décès sur lesquels porte son enquête thématique sont ceux de Vito Fundaro, survenu le 19 juin 2024 à Montréal; de Médrik Lincourt, survenu le 4 août 2025 à Terrebonne; de Maxime Forget, survenu le 21 août 2024 à Brownsburg-Chatham; et de Mario Ross, survenu le 4 avril 2025 à Drummondville.
M. Fudaro est décédé après avoir été heurté par un poteau qui est tombé d’un gratte-ciel, qui avait été accroché par une grue qui se trouvait sur le toit.
M. Lincourt est décédé lorsque le godet d’une pelle mécanique s’est détaché et est tombé, alors qu’il se trouvait dans une excavation pour un chantier.
M. Forget, qui agissait comme signaleur routier, est décédé écrasé par une rétrocaveuse en manoeuvre de recul.
M. Ross, qui avait été affecté à la signalisation, est décédé lorsqu’il a été écrasé par un camion qui opérait une manoeuvre de recul pour accéder au chantier.
En plus des circonstances et des facteurs contributifs, l’enquête doit également permettre de «dégager une réflexion élargie sur les composantes qui influent sur la santé et la sécurité des travailleurs de la construction», a précisé Me Kronström, dans son allocution d’ouverture.
Les premiers témoins entendus, de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) et de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ont expliqué le rôle et le fonctionnement de leur organisation respective, de manière générale.
Ainsi, la Régie du bâtiment du Québec a précisé qu’en 2024-2025, elle employait 110 inspecteurs et a réalisé 14 284 interventions d’inspection.
Pierre Privé, coordonnateur des enquêtes à la CNESST, a précisé que la Commission emploie 314 inspecteurs, dont 200 en établissement et 86 dédiés aux chantiers. Le tiers des effectifs est dédié au secteur appelé BTP, pour Bâtiments, travaux publics, a-t-il souligné.
Il a noté que, malgré les compressions budgétaires imposées à l’ensemble des ministères et organismes, le nombre d’inspecteurs n’a pas été réduit à la CNESST.
Ce secteur des Bâtiments, travaux publics arrive premier pour ce qui est du nombre de décès et premier pour ce qui est des décès liés à une maladie professionnelle, a témoigné M. Privé.
La CNESST a ainsi enregistré 74 décès par accident en 2024 pour les 32 secteurs confondus, dont 16 dans ce secteur appelé BTP, soit 22 %.
Pour ce qui est des décès par maladie professionnelle, elle en a enregistré 172 au total, dont 52 dans le secteur BTP, soit 30 %.
Les audiences se poursuivent jusqu’au 27 mars, puis durant plusieurs jours ce printemps, puis cet automne.
Plusieurs associations patronales et syndicales de la construction y assistent, de même que des ministères et la Commission de la construction du Québec, en plus de la RBQ et de la CNESST.

