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Critiques de lois du gouvernement Legault: un appui international pour les syndicats

«Le mouvement syndical québécois fait face à une utilisation répétée et abusive du pouvoir législatif par le gouvernement du Québec.»

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Quatre dirigeants syndicaux: Éric Gingras, de la CSQ, Robert Comeau, de l'APTS, François Enault, de la CSN et Magali Picard, de la FTQ, photographiés lors d'une conférence de presse à Québec, le 23 février 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot... Quatre dirigeants syndicaux: Éric Gingras, de la CSQ, Robert Comeau, de l'APTS, François Enault, de la CSN et Magali Picard, de la FTQ, photographiés lors d'une conférence de presse à Québec, le 23 février 2024. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Les syndicats du Québec viennent de recevoir un appui international dans leur lutte contre certains projets de loi du gouvernement Legault.

La Confédération syndicale internationale (CSI) a émis une déclaration exprimant «son plein et entier soutien aux syndicats au Québec confrontés à une série d’attaques graves contre les droits syndicaux et la démocratie».

Son secrétaire général, Luc Triangle, y affirme que «ce qui se passe au Québec n’est pas une simple réforme technique: c’est une attaque frontale contre la liberté syndicale et la démocratie».

«Le mouvement syndical québécois fait face à une utilisation répétée et abusive du pouvoir législatif par le gouvernement du Québec, visant à affaiblir l’autonomie des organisations syndicales, à restreindre le droit de grève et à réduire les contre-pouvoirs essentiels dans une société démocratique», peut-on lire dans la déclaration de la CSI, aussi connue sous son acronyme anglophone de ITUC (International Trade Union Confederation).

L’organisation internationale invite même le gouvernement Legault à reculer. «La CSI se tient aux côtés des syndicats – la CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ – pour défendre leurs droits fondamentaux. La CSI appelle le gouvernement du Québec à revenir sur ces mesures antisyndicales et à respecter pleinement les droits du travail, la liberté syndicale et la démocratie sociale», ajoute l’organisation internationale.

La CSI est une organisation internationale vouée à la promotion et à la défense des droits et des intérêts des travailleurs. Elle collabore avec l’Organisation internationale du travail (OIT) et plusieurs institutions spécialisées des Nations unies.

Les syndicats québécois critiquent particulièrement la «Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock­­-out» et un projet de loi portant sur la gouvernance et la transparence syndicales.

La loi qui encadre de façon plus serrée l’exercice de la grève, permet d’imposer l’arbitrage, dans certaines circonstances, et permet d’établir des services pour assurer le «bien-être de la population», lors d’un conflit de travail, est entrée en vigueur le 30 novembre. Elle fait déjà l’objet d’une contestation devant le tribunal par plusieurs syndicats.

Les syndicats dénoncent également le projet de loi qui établit le principe de cotisations syndicales facultatives, en plus des cotisations principales, pour certaines activités que voudraient mener les syndicats, comme contester une loi devant le tribunal ou faire une campagne de publicité. Il impose aussi des normes quant aux rapports d’états financiers à présenter.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste