Des mouvements sociaux se donnent rendez-vous devant la Maison de Radio-Canada mercredi soir à l’occasion du débat des chefs. Ces organisations exigent des choix politiques à la hauteur des différentes crises qui frappent la société.
Crise du logement, appauvrissement de la population, crise climatique, fragilisation des services publics et des conditions de travail, sous-financement des organismes communautaires, montée des inégalités: la liste des inquiétudes des groupes communautaires est longue.
Mais «malheureusement, malgré tous les drapeaux rouges levés par bon nombre d’instances de la société civile dans les derniers mois (…), la majorité des priorités des différents partis n’offre rien de concret pour régler ces crises et on est encore dans une logique de ‘patchage’», s’est indignée Claudia Fiore-Leduc, du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), lors d‘une conférence de presse mercredi avant-midi à Montréal.
«Les promesses d’austérité de plusieurs partis sont vraiment odieuses devant l’explosion des crises sociales actuelles», a-t-elle ajouté en faisant référence au fait que certains partis politiques rivalisent de promesses pour «dégraisser» les finances publiques.
«On n’ a pas un problème de richesse, on a un problème de répartition de richesse», a pour sa part indiqué Serge Petitclerc, du Collectif pour un Québec sans pauvreté.
Imposer les riches
Les groupes qui manifesteront mercredi soir devant la Maison de Radio-Canada réclament, notamment, «d’instaurer un régime d’assurance médicament public et universel», de «garantir le financement de la mission des organismes communautaires autonomes», de «financer la construction de 10 000 logements sociaux par année», de «convertir l’ensemble des garderies privées en centres de la petite enfance», d’instaurer «la gratuité scolaire à l’université» et «d’assurer la gratuité du transport collectif urbain à Québec et à Montréal», a énuméré Serge Petitclerc.
Ce porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté suggère de financer ces mesures en «allant chercher les sous dans les poches de ceux et celles qui en ont».
Il faut donc, a-t-il indiqué, réviser à la hausse le nombre de paliers d’impôt sur les revenus en imposant davantage les plus riches.
«On peut aussi abolir l’inclusion partielle du gain en capital, revoir les mesures fiscales pour les entreprises et on peut rétablir une taxe sur le capital» et «lutter contre les paradis fiscaux», a ajouté le militant.
Des étudiants menacent de faire la grève
Parmi les organisations qui manifesteront avant le débat des chefs, figurent aussi des groupes étudiants qui promettent des manifestations et des grèves dans les prochaines semaines.
Ils réclament un «refinancement massif de l’éducation» et une véritable réforme de l’aide financière aux études.
«Ce qu’on demande, ce n’est pas du luxe. On veut juste pouvoir se loger, on veut pouvoir se nourrir et pouvoir étudier dans des conditions décentes et vivre dans des conditions décentes. C’est tout ce qu’on demande», a indiqué Elki Mercier de la Coalition de résistance pour l’unité étudiante syndicale (CRUES).
L’étudiante en droit a indiqué que, si le gagnant des élections «persiste dans l’inaction» et «continue d’ignorer» les demandes des groupes étudiants, ceux-ci «vont passer à l’action».
Elle a précisé «qu’on a déjà prévu une semaine de grève du 9 au 13 novembre prochain» et «qu’on songe à la grève générale illimitée».
Concernant la quasi-absence de la crise climatique dans les enjeux soulevés par les partis politiques durant cette campagne électorale, la porte-parole étudiante est d’avis «que ça en dit long sur à quel point les gouvernements n’en ont pas grand-chose à faire de notre avenir, de nos conditions de vie, de la jeunesse et du futur».
Les chefs des cinq principaux partis prendront part à leur dernière joute avant les élections québécoises du 5 octobre, mercredi soir.
Cinq thèmes seront abordés: l’avenir du Québec, l’insécurité économique, le mur budgétaire, le Québec fou de ses enfants et la santé.

