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Charles Milliard «plus récalcitrant» au gaz de schiste, mais ouvert au nucléaire

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Charles Milliard veut que le Québec redevienne un leader commercial Par Étienne Fortin-Gauthier | Le chef du parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, souhaite que le Québec redevienne un leader commercial. C'est ce qu'il a dit lors d'un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain vendredi.

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, se montre ouvert à l’énergie nucléaire, mais «plus récalcitrant» à l’exploitation du gaz de schiste. Il estime toutefois que la priorité doit être avant tout au développement de projets hydroélectriques, solaires ou éoliens. 

Selon M. Milliard, si l’État veut générer plus de revenus, «on a besoin du oui économique au Québec». 

«Il faut être ouvert à différents projets», a-t-il dit en mêlée de presse, à l’issue d’une conférence devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), vendredi après-midi. 

En ce sens, l’extraction du gaz de schiste du sol québécois ne fait pas partie, «pour l’instant», des projets que le chef libéral mettrait de l’avant s’il devenait premier ministre en octobre prochain. 

«Je pense que les Québécois n’en sont pas là en ce moment. Il y a d’autres partis qui ont resoulevé cette question-là. Et pour l’instant, moi, j’aimerais qu’on focusse sur les projets hydroélectriques, sur les projets éoliens, sur des projets solaires. Il y a beaucoup à faire pour générer davantage d’énergie au Québec», a soutenu M. Milliard. 

«Le gaz de schiste, je suis beaucoup plus récalcitrant, parce que je pense vraiment que les Québécois ne sont pas du tout là. Il y a eu des lois pour freiner, stopper l’exploration, même stopper évidemment la production. Alors, ce n’est pas au top de mes priorités», a ajouté plus tard le chef libéral. 

Interrogé à savoir s’il était favorable à un retour de l’énergie nucléaire au Québec, M. Milliard n’a pas fermé la porte. 

«Le rôle du gouvernement, le rôle des décideurs, c’est d’être des développeurs de projets. Alors moi, à ce stade-ci, je ne suis pas en défaveur du nucléaire. Je pense juste que ce n’est pas la priorité en ce moment», a-t-il affirmé, répétant que des projets en énergies renouvelables sont sur la table. 

«Mais l’énergie nucléaire fonctionne très bien dans plusieurs pays. D’ailleurs, le Canada a une expertise là-dedans. Elle fonctionne très bien en France, en Allemagne, aux États-Unis. Alors, ce ne serait pas mon rôle d’être contre à ce stade-ci», a poursuivi M. Milliard. 

Dans son plan d’action 2035, Hydro-Québec laisse la porte ouverte à une exploration de la filière nucléaire. 

«Nous étudierons également le potentiel du site existant de Gentilly-2 pour accueillir une centrale nucléaire ou des petits réacteurs modulaires. Ces options seront analysées en fonction de leur maturité technologique, de leur coût et de leur acceptabilité sociale», indique la société d’État. 

Rappelons que la seule centrale nucléaire en territoire québécois, Gentilly-2, au sud de Trois-Rivières, a cessé ses activités en décembre 2012 après 29 ans d’exploitation. 

Quantifier l’immigration par région

M. Milliard a été invité par la CCMM à présenter sa vision sur différents enjeux économiques devant 700 personnes réunies dans une salle d’un hôtel du centre-ville de Montréal. 

Le chef libéral a notamment réitéré sa volonté d’alléger les fardeaux fiscal et administratif des PME, ainsi que d’accélérer les mises en chantier pour atteindre la construction de 100 000 logements par année, si sa formation politique était portée au pouvoir. 

Il a également soutenu que deux enjeux particuliers «ont besoin d’un sérieux coup de barre au Québec»: le maintien des actifs et la gestion de l’immigration. 

«Pendant trop longtemps, on a préféré l’inauguration à l’entretien, l’annonce à la rigueur. (...) Un gouvernement libéral se donnera une obligation formelle de maintien des actifs publics», a-t-il promis dans son allocution. 

Sur l’immigration, M. Milliard souhaite une planification «de façon objective en fonction des besoins réels de chaque région». Il estime que le gouvernement doit «s’asseoir avec le ministère de l’Immigration et mieux mesurer» la capacité de chaque région au regard des logements et de places en garderies disponibles, ou des taux d’occupation dans les urgences, par exemple. 

«J’essaie d’avoir une nouvelle approche. Je comprends que ça dérange, mais c’est en consultant les gens des régions qu’on va avoir une meilleure idée de notre capacité d’accueil», a-t-il indiqué aux journalistes. 

La conférence de M. Milliard s’inscrit dans une série d’échanges que propose la CCMM à l’approche des élections québécoises. Les autres chefs des partis représentés à l’Assemblée nationale ont été invités à présenter leur vision économique et à discuter avec la présidente et cheffe de la direction de la chambre de commerce, Isabelle Dessureault. 

Frédéric Lacroix-Couture

Frédéric Lacroix-Couture

Journaliste