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Carney et Ford en froid depuis l’accord avec la Chine sur les véhicules électriques

M. Ford affirme que l’accord conclu par Ottawa avec la Chine menace le secteur automobile en Ontario

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Le premier ministre ontarien Doug Ford en compagnie du premier ministre Mark Carney lors d'une annonce à Ottawa, le 18 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Le premier ministre ontarien Doug Ford en compagnie du premier ministre Mark Carney lors d'une annonce à Ottawa, le 18 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Sean Kilpatrick)

Le premier ministre ontarien Doug Ford a affirmé qu’il avait été contrarié par l’accord commercial entre le premier ministre Mark Carney et la Chine sur les véhicules électriques et que les deux hommes ne se sont pas parlé depuis.

M. Ford s’est dit déçu que M. Carney ne l’ait pas informé d’un accord potentiel avant son voyage en Chine.

«Le premier ministre connaît mon numéro, a déclaré M. Ford aux journalistes. Et je pensais que nous avions une relation suffisamment bonne pour qu’il m’envoie un petit texto ou me prévienne d’une manière ou d’une autre. Ça n’a pas été le cas. Ce n’est pas grave. Comme je l’ai dit, je sais où j’en suis avec lui.»

M. Carney a conclu un accord avec la Chine la semaine dernière afin de permettre à 49 000 véhicules électriques d’entrer au Canada en bénéficiant d’un taux tarifaire considérablement réduit de 6,1 %, en échange de la suppression des droits de douane chinois sur la farine de canola canadienne et certains fruits de mer et de la réduction d’autres droits.

M. Carney a déclaré que les entreprises chinoises avaient un intérêt dans la production de véhicules électriques «abordables» au Canada et que cet accord constituait «une opportunité» pour l’Ontario.

M. Ford estime que l’accord menace le secteur automobile en Ontario, qui est déjà confronté à des difficultés à cause des actions du président américain Donald Trump, qui soutient que les États-Unis n’ont pas besoin des voitures fabriquées au Canada.

M. Ford a indiqué qu’il avait été contrarié par M. Carney.

«C’était tout sauf un partenariat, a-t-il déclaré lundi lors d’une conférence des municipalités rurales de l’Ontario. J’ai découvert cet accord, tout comme les constructeurs automobiles d’ailleurs, quelques heures avant qu’il ne soit annoncé. Voilà où en est le partenariat.»

MM. Ford et Carney étaient rapidement devenus amis après la victoire de ce dernier au poste de premier ministre au printemps.

M. Carney a passé la nuit au chalet de M. Ford cet été, alors que l’Ontario accueillait tous les autres premiers ministres pour une réunion à Huntsville. M. Ford avait loué le sens des affaires de M. Carney et lui avait apporté son soutien total, une relation contrastant à celle qu’il avait ces dernières années avec son prédécesseur, Justin Trudeau.

«Tout le monde a obtenu quelque chose, sauf l’Ontario»

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s’est joint à M. Carney lors de son voyage en Chine la semaine dernière afin de tenter de régler la question des droits de douane de 100 % imposés par la Chine sur le canola. Pékin a mis en vigueur ces mesures en réponse aux droits de douane canadiens de 100 % sur les véhicules électriques chinois, qu’Ottawa avait imposés de concert avec le président américain de l’époque, Joe Biden.

La Chine réduira considérablement ses droits de douane sur les graines de canola et supprimera, au moins temporairement, les droits de douane sur la farine de canola en échange des concessions accordées par Ottawa sur les véhicules électriques.

«Tout le monde a obtenu quelque chose, sauf l’Ontario, s’est plaint M. Ford. Tout ce que nous avons obtenu, c’est une menace massive de véhicules chinois qui arrivent ici et qui vont nuire à tous les travailleurs du secteur automobile.»

M. Ford estime que M. Carney a conclu un mauvais accord avec la Chine.

«Il nuit à l’Ontario», a-t-il déclaré.

M. Ford a affirmé que le gouvernement fédéral devait «passer à la vitesse supérieure» en supprimant complètement ses exigences à l’égard des véhicules électriques – qui ont récemment été suspendues, mais pas abandonnées – et en harmonisant les réglementations avec ses partenaires commerciaux.

M. Carney utilise l’accord sur les véhicules électriques pour stimuler davantage les investissements au Canada, a argumenté Stephanie Bowman, porte-parole libérale de l’Ontario en matière de commerce.

«Alors que notre partenaire commercial américain menace les emplois canadiens, les emplois ontariens, nous devons nous montrer fermes et réfléchir à d’autres partenaires avec lesquels nous pourrions établir des relations commerciales, a-t-elle déclaré. Et la Chine est certainement l’un de ces partenaires commerciaux auxquels nous devons penser.»

M. Ford n’a aucun plan pour le marché des véhicules électriques, a affirmé Mike Schreiner, chef du Parti vert.

«Le premier ministre n’a aucun plan pour stimuler la demande en Ontario. Nous avons besoin que les remises soient rétablies afin de rendre les véhicules électriques abordables pour les consommateurs, et nous devons mettre en place une stratégie d’approvisionnement afin d’imposer l’achat de flottes en Ontario pour stimuler la demande de véhicules électriques fabriqués en Ontario.»

Plusieurs grands projets liés aux véhicules électriques en Ontario ont été retardés ces dernières années, en partie à cause du ralentissement du marché nord-américain et de la volatilité liée à la guerre commerciale menée par Donald Trump, bien que la demande continue d’augmenter à l’échelle mondiale.

Liam Casey

Liam Casey

Journaliste