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Camion percuté par un avion à LaGuardia: deux contrôleurs risquent d’être licenciés

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Des responsables inspectent l’épave d’un avion d’Air Canada Express, le mercredi 25 mars 2026, à proximité de la piste où il était entré en collision avec un camion de pompiers, à l’aéroport LaGuardia de New York. (Photo AP/Yuki Iwamura) Des responsables inspectent l’épave d’un avion d’Air Canada Express, le mercredi 25 mars 2026, à proximité de la piste où il était entré en collision avec un camion de pompiers, à l’aéroport LaGuardia de New York. (Seth Wenig)

Deux contrôleurs aériens risquent d’être licenciés pour avoir quitté la tour de contrôle de l’aéroport LaGuardia de New York environ une heure plus tôt que prévu, la nuit où un avion d’Air Canada a percuté un camion de pompiers qui traversait la piste, causant la mort des deux pilotes, selon un responsable gouvernemental proche de l’enquête.

Ce responsable n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement sur cette affaire en raison de l’enquête en cours menée par le Bureau national de la sécurité des transports (NTSB) sur l’accident du 22 mars et s’est confié vendredi à l’Associated Press sous couvert d’anonymat.

Les deux contrôleurs ayant quitté leur poste plus tôt ce soir-là, il ne restait plus que deux personnes dans la tour pour gérer un afflux inhabituel de vols tout en faisant face à une situation d’urgence concernant un autre avion au sol.

Les contrôleurs qui sont partis auraient pu apporter un soutien crucial lorsque la tour a été débordée s’ils étaient restés à l’aéroport jusqu’à la fin de leur service, car ils devaient normalement être présents au-delà de l’heure à laquelle l’accident s’est produit, a déclaré ce responsable.

L’Administration fédérale de l’aviation (FAA) envisage des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement des deux hommes, a indiqué le responsable gouvernemental.

L’Association nationale des contrôleurs aériens a déclaré dans un communiqué que le syndicat «discutait activement de ces allégations avec la direction de la FAA». 

Des experts et d’anciens responsables ont expliqué que quitter l’aéroport plus tôt lorsque la pause obligatoire tombe à la fin d’un service est une pratique courante à l’échelle nationale. La FAA est également en pleine négociation d’un nouveau contrat avec le syndicat des contrôleurs aériens, qui, espère l’agence, inclura un accord sur un nouveau modèle de planification des horaires.

La FAA s’est engagée, dans un communiqué, à «demander des comptes à ses employés», ajoutant qu’elle ne compromettra «ni la sécurité ni l’efficacité du système national de l’espace aérien».

La question des départs anticipés

Tom Lintner a été témoin à maintes reprises de départs anticipés au cours de sa carrière de plusieurs décennies à la FAA, qui l’a notamment conduit à occuper le poste de contrôleur à LaGuardia avant de superviser l’ensemble des enquêtes relatives au contrôle aérien. Il estime que cette pratique ne devrait pas être tolérée.

«Rien de tout cela n’excuse le fait que, lorsque vous êtes payé pour huit heures, vous êtes censé être présent pendant huit heures. Sept heures et demie, ça ne compte pas», a soutenu M. Lintner.

Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, a déclaré que cela constituait une fraude aux fiches de présence qui ne serait pas tolérée.

«La grande majorité des contrôleurs aériens sont de grands patriotes: ils se présentent au travail, effectuent l’intégralité de leur service, puis reviennent pour recommencer», a déclaré M. Duffy dans un communiqué.

«Mais lorsqu’un petit pourcentage d’individus profite des contribuables américains, impose injustement une charge de travail supplémentaire à leurs collègues contrôleurs et perturbe l’espace aérien, nous n’avons d’autre choix que d’agir.»

C’est le Wall Street Journal qui a été le premier à révéler jeudi que les deux contrôleurs faisaient l’objet de mesures disciplinaires pour être partis plus tôt.

L’enquête devrait se poursuivre jusqu’à l’année prochaine

Le NTSB a refusé de commenter les informations concernant le départ anticipé des contrôleurs. L’agence attend de toutes les organisations impliquées dans l’enquête qu’elles gardent le silence pendant que les experts s’efforcent de déterminer les causes de l’accident et les moyens d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir.

Air Canada et les responsables syndicaux du secteur n’ont pas répondu aux questions de l’Associated Press.

Dès le début, les enquêteurs se sont interrogés sur les effectifs de la tour de contrôle, mais ils ont également identifié un certain nombre d’autres facteurs qui ont probablement contribué à l’accident.

La cause officielle ne sera pas connue avant que le NTSB ne publie son rapport final, probablement dans le courant de l’année prochaine.

Les pompiers dont le camion est entré en collision avec l’avion ont entendu un contrôleur aérien dire «stop,stop,stop», mais ils ne savaient pas immédiatement à qui s’adressait cet avertissement, selon un rapport préliminaire du NTSB publié en avril.

Quelques secondes plus tôt, un contrôleur avait autorisé le camion de pompiers à traverser la piste, mais celui-ci s’était mis en mouvement alors que les feux d’avertissement, qui font office de panneau d’arrêt pour les véhicules qui traversent, étaient encore allumés. 

Les véhicules tentaient de rejoindre une situation d’urgence

Comme le camion n’était pas équipé d’un transpondeur, un système de surveillance au sol de la tour de contrôle n’a pas pu déterminer sa position de manière fiable, «n’a pas anticipé de conflit potentiel» avec l’avion en phase d’atterrissage et n’a pas déclenché d’alerte sonore ou visuelle, indique le rapport du NTSB publié en avril.

Après l’avertissement initial de l’agent de contrôle aérien, l’opérateur de la tourelle du camion de pompiers a entendu: «Camion 1, stop, stop, stop», et a compris qu’il ordonnait au camion de s’arrêter, précise le rapport.

À ce moment-là, le camion se trouvait déjà sur la piste alors que le vol 8646 d’Air Canada Express atterrissait et fonçait vers lui.

Le camion de pompiers était en tête d’un convoi de véhicules, comprenant quatre autres camions de pompiers, une voiture de police et un camion à escaliers, intervenant pour une urgence liée à une forte odeur qui rendait malades les agents de bord à bord d’un avion de United Airlines sur le point de décoller.

Deux pilotes d’Air Canada décédés

L’avion d’Air Canada, un jet régional CRJ900 en provenance de Montréal, transportait 76 personnes. Les pilotes Antoine Forest, 30 ans, et Mackenzie Gunther, 24 ans, ont perdu la vie. Il s’agissait du premier accident mortel à LaGuardia depuis 34 ans.

Par ailleurs, 39 personnes ont été transportées à l’hôpital, dont six présentant des blessures graves. Les deux pompiers blessés se sont rétablis chez eux après avoir quitté l’hôpital.

Une hôtesse de l’air projetée sur le tarmac avec son siège a également survécu.

L’aéroport était particulièrement encombré 

LaGuardia était plus fréquenté que d’habitude la nuit de l’accident, car les retards de vols liés aux conditions météorologiques ont fait passer le nombre d’arrivées et de départs après 22 heures à plus du double de ce qui était prévu, selon le cabinet d’analyse aéronautique Cirium. 

Deux contrôleurs aériens étaient en service lorsque l’accident s’est produit vers 23 h 45. Ce niveau d’effectif est courant lors du service de nuit qui commence à minuit.

Des avions atterrissaient toutes les quelques minutes, avec une douzaine de vols arrivant entre 23 h et le moment de l’accident, survenu moins de 40 minutes plus tard. Parallèlement, les contrôleurs ont dû réorganiser leurs tâches en raison de l’intervention d’urgence liée au problème d’odeur sur l’avion de United.

Correction

Dans une dépêche transmise vendredi, l’agence Associated Press a erronément identifié Tom Lintner comme étant Tom Linter.