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Banque du Canada: les contre-mesures tarifaires canadiennes ont influencé les prix

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Dans une épicerie d’Ottawa, une affiche indique que les produits en provenance des États-Unis soumis à des droits de douane sont signalés par un symbole en rayon, accompagné d’un code QR renvoyant vers un site web du gouvernement du Canada, le mercre... Dans une épicerie d’Ottawa, une affiche indique que les produits en provenance des États-Unis soumis à des droits de douane sont signalés par un symbole en rayon, accompagné d’un code QR renvoyant vers un site web du gouvernement du Canada, le mercredi 2 avril 2025. (Justin Tang/La Presse canadienne)

OTTAWA — Selon des analystes de la Banque du Canada, les prix des produits visés par les contre-mesures tarifaires imposées par Ottawa aux États-Unis l’année dernière étaient en moyenne environ 6 % plus élevés que ceux des produits non soumis à ces droits.

Le gouvernement fédéral a imposé des droits de douane de 25 % sur divers produits d’épicerie, vêtements et autres produits de première nécessité provenant des États-Unis pendant environ six mois à compter de mars 2025, en représailles à la campagne tarifaire initiale du président américain Donald Trump.

Des chercheurs de la Banque du Canada publient lundi un rapport comparant les coûts de plus de 100 000 produits soumis à des droits de douane chez sept détaillants à ceux d’un groupe témoin de produits non affectés par ces mesures tarifaires.

L’analyse estime que près d’un quart du taux des contre-mesures tarifaires d’Ottawa a été répercuté sur les prix payés par les consommateurs à la mi-juin 2025. Cela correspondait à peu près à la répercussion observée aux États-Unis à la suite des droits de douane mondiaux de M. Trump au cours de la même période, notent les analystes.

Selon le rapport, cette hausse a ajouté environ 0,3 point de pourcentage à l’inflation globale l’année dernière. Le rythme annuel de l’inflation a largement oscillé autour de l’objectif de 2 % de la Banque du Canada en 2025.

Les substituts aux produits soumis à des droits de douane, qu’ils soient d’origine nationale ou importés de marchés non américains, n’ont quant à eux pas connu de hausses de prix significatives par rapport au groupe témoin au cours de la même période.

Le rapport indique que la majeure partie de ces hausses de prix sur les produits soumis à des droits de douane est revenue au niveau du groupe témoin trois mois après qu’Ottawa a supprimé la plupart des contre-mesures tarifaires en septembre.

Perception et hausse variables

L’analyse révèle que la perception qu’avaient les détaillants de la durée du conflit commercial a influencé le rythme auquel ils ont augmenté leurs prix.

Par exemple, un détaillant d’appareils électroménagers participant à l’étude a constaté une flambée des prix dans les jours qui ont suivi le 2 avril 2025 — le «Jour de la Libération» aux États-Unis, lorsque M. Trump a intensifié sa campagne de droits de douane à l’échelle mondiale — alors que les contre-mesures tarifaires du Canada étaient en vigueur depuis un mois à cette date.

«Quand les entreprises s’attendent à ce que les droits de douane soient de courte durée, elles absorbent la majeure partie des coûts. Mais quand elles s’attendent à ce qu’ils durent un certain temps, elles en répercutent une partie sur les prix de leurs produits», concluent les analystes.

Les chercheurs constatent que les produits signalés aux consommateurs comme étant soumis à des droits de douane étaient également plus susceptibles d’afficher des prix plus élevés que les produits soumis à des droits de douane pour lesquels leur impact n’était pas mis en avant.

Les affiches indiquant les droits de douane ont contribué à soulager les détaillants eux-mêmes du fardeau des hausses de prix, selon les analystes de la Banque du Canada.

«Cela réduit le risque de réactions hostiles de la clientèle et donne aux détaillants une plus grande marge de manœuvre pour répercuter les hausses de coûts sur leurs prix, chose qui semble s’être produite en 2025», indique le rapport.

La plupart des produits canadiens peuvent toujours entrer aux États-Unis en franchise de droits de douane grâce à l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM). Les droits de douane américains sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et d’autres industries clés restent en vigueur.

Le Canada continue d’imposer des contre-mesures tarifaires sur certains produits en acier, en aluminium et sur les automobiles fabriqués aux États-Unis qui ne respectent pas l’ACEUM, et applique des droits de douane sur les importations mondiales d’acier dépassant certains quotas.

Craig Lord, La Presse Canadienne

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste