Transport

Autre grève de l’entretien à la STM: les services essentiels jugés suffisants

Il s’agira de la quatrième grève de ce syndicat, de la Fédération des employé(e) de services publics, affiliée à la CSN.

Mis à jour le 

Publié le 

Un employé d'entretien de la Société de transport de Montréal (STM) qui manifestait dans le cadre de la négociation pour le renouvellement de la convention collective, le 22 septembre 2025, à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Un employé d'entretien de la Société de transport de Montréal (STM) qui manifestait dans le cadre de la négociation pour le renouvellement de la convention collective, le 22 septembre 2025, à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

Le Tribunal administratif du travail juge suffisants les services essentiels prévus lors de la grève des employés d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM), qui doit débuter la nuit prochaine, y compris pour les jours fériés.

Le syndicat, qui représente les 2400 employés d’entretien, a annoncé une grève des heures supplémentaires, du 11 décembre à 00h01 au 11 janvier à 23h59.

Dans la décision qu’elle a rendue mercredi midi, la juge administrative Anick Chainey estime que «rien ne permet de conclure à un danger réel» pour la santé ou la sécurité publique avec le type de grève projeté durant un mois.

Elle convient toutefois qu’il y aura des «inconvénients certains, parfois significatifs», pour les usagers, mais que cela est le propre d’une grève.

Lors de l’audience devant le tribunal, la STM avait jugé insuffisante la liste des services essentiels lors des jours fériés des 25, 26 décembre, 1er et 2 janvier.

Le Tribunal en a toutefois décidé autrement.

«Le Tribunal estime que la STM n’a pas démontré que l’absence des préposés d’entretien sanitaire métro pour les quatre jours fériés des Fêtes constitue une menace évidente, imminente, réelle pour la vie, la sûreté, la santé ou la sécurité de la population», écrit-il notamment.

«S’il advenait certaines situations pouvant représenter un danger ou un risque pour les usagers, comme une accumulation d’eau pouvant rendre les planchers et les quais glissants et causer une chute ou encore le ramassage de verre brisé ou de dégâts humains, celles-ci pourront être prises en charge par le personnel ou les cadres en place puisqu’elles ne nécessitent pas une expertise particulière», ajoute le Tribunal.

Devant le Tribunal, la STM avait aussi dit juger insuffisante la liste de services essentiels en cas de chute de neige ou de verglas.

Le Tribunal en a décidé autrement. Il admet que «les services offerts ne sont pas à la hauteur des standards de la STM qui prône la proactivité en matière de météo hivernale», mais ajoute que «la preuve ne permet pas de conclure que les dispositions prévues à la liste ne sont pas suffisantes pour assurer la santé ou la sécurité publique».

Les parties réagissent

Il s’agira de la quatrième grève de ce syndicat, rattaché à la CSN. Il avait débrayé une première fois en juin, une seconde fois en septembre-octobre et une troisième fois en novembre.

Réagissant à la décision du Tribunal, le syndicat a critiqué la STM.

«Cette grève, elle aurait pu être évitée comme les précédentes. Tout ce que ça prend, c’est que la STM lâche sa posture inflexible.»

«Cette grève couvrant la période des Fêtes vise à toucher l’administration de la STM pour qu’enfin la négociation débloque.»

—  Extrait d'un communiqué du syndicat des employés d'entretien de la STM

La STM a fait savoir que «le service de bus sera livré comme planifié à tout moment de la journée durant la grève. Toutefois, au fur et à mesure que la grève s’échelonnera, il est à prévoir un manque de véhicules disponibles qui n’auront pu être réparés».

Le transport adapté ne sera pas touché.

Quant au service du métro, il «sera assuré à 100 % à tout moment de la journée durant la totalité de la grève, grâce à une capacité résiduelle de véhicules disponibles», ajoute la STM.

«Quand le syndicat prétend que sa grève n’affectera pas la clientèle, c’est qu’il l’induit en erreur. L’effet combiné des vacances du temps des Fêtes et du refus du temps supplémentaire aura un effet évident sur le service de bus, particulièrement, qui va engendrer des coupures de voyages plus la grève avancera», a fait savoir la directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste