Le Parti libéral (PLQ) présume de la bonne conduite de ses députés pour s’assurer qu’il n’y a pas d’activité partisane dans leur bureau de circonscription, contrairement à la députée Sona Lakhoyan Olivier qui a été exclue du caucus.
La semaine dernière, dans un rapport accablant, la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale avait conclu que le bureau de circonscription de Mme Lakhoyan Olivier, dans Chomedey, ainsi que son personnel, avaient été utilisés à des fins partisanes, durant la course à la direction du PLQ qui a mené à la victoire de Pablo Rodriguez.
En mêlée de presse mardi matin, la députée Michelle Setlakwe, qui a été coprésidente de la campagne à la direction de M. Rodriguez et leader parlementaire sous son bref règne jusqu’au début décembre, a défendu les députés libéraux devant les soupçons et les attaques des autres partis.
Elle a assuré que les règles sont connues de tous les députés et qu’elle leur faisait confiance.
«Je présume de la bonne foi de mes collègues, je présume de la bonne foi et de la bonne conduite des 125 députés à l’Assemblée nationale, a-t-elle plaidé. On a des députés rigoureux à l’opposition officielle.»
Mme Setlakwe a ajouté que les soupçons soulevés notamment par le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon étaient «malhonnêtes intellectuellement».
Mme Lakhoyan Olivier a été exclue du caucus libéral en décembre dernier au moment du déclenchement de cette enquête de la commissaire à l’éthique.
La semaine dernière, le chef libéral Charles Milliard a exigé que la carte de membre de la députée soit révoquée.
La cheffe parlementaire solidaire, Ruba Ghazal, a appelé à la démission de la députée de Chomedey.
La première ministre Christine Fréchette n’a toutefois pas voulu se prononcer quant au sort de la députée.
Selon le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, on est face à un «enjeu de culture organisationnelle» au PLQ et le cas de Sona Lakhoyan Olivier n’est qu’une «petite pièce du casse-tête».
Sona Lakhoyan Olivier avait appuyé Pablo Rodriguez dans la première course à la chefferie libérale.
Peu de temps après sa victoire, le «Journal de Montréal» a révélé des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course auraient eu des récompenses en argent. Les personnes à l’origine de ces messages ne sont toutefois pas nommées dans l’article.
La station de radio Cogeco a ensuite affirmé que les deux personnes derrière ces mystérieux textos étaient la députée libérale Sona Lakhoyan Olivier ainsi que la députée caquiste Alice Abou-Khalil. Les deux élues ont démenti et ont envoyé des mises en demeure à Cogeco.
Ces textos ont été l’un des éléments qui ont plongé le PLQ dans une profonde crise l’an dernier.
Rappelons que Pablo Rodriguez a démissionné en décembre dernier en raison d’allégations d’irrégularités dans le financement de sa course à la chefferie.
L’Unité permanente anticorruption (UPAC) et le Directeur général des élections enquêtent également sur sa course.

