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À Victoriaville, les citoyens paient des frais en fonction de la quantité d’arbres

La contribution financière est différente pour les immeubles commerciaux.

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Statue du regretté Jean Béliveau, à Victoriaville, au Québec, mercredi 23 juillet 2025. La statue du regretté Jean Béliveau, à Victoriaville, au Québec, mercredi 23 juillet 2025.

La Ville de Victoriaville met en place un règlement qui impose une contribution financière aux propriétaires de terrains en fonctions de leur canopée: moins il y a d’arbres, plus la contribution est élevée et ceux qui ont beaucoup d’arbres ne paient pas.

L’indice de canopée est de 22 % à Victoriaville et la Ville s’est donné comme objectif d’atteindre 30 % d’ici 2030.

Cet indice correspond au pourcentage d’un terrain qui est recouvert par des arbres d’une hauteur minimale de trois mètres.

Pour encourager la plantation d’arbres, l’administration municipale a mis en place un règlement qui impose une contribution financière aux propriétaires dont l’indice de canopée est inférieur à 30 %.

L’administration municipale justifie ce nouveau règlement, une première au Québec, par l’adaptation aux changements climatiques.

«Comme plusieurs municipalités du sud du Québec, on fait face à des périodes de chaleur intense et on sait que, dans le futur, les périodes de canicule ou de chaleur extrême seront de plus en plus fréquentes» et «une façon de s’adapter, c’est d’augmenter la canopée», a expliqué Sophie Séguin-Lamarche, directrice du Bureau du développement durable à la ville de Victoriaville.

Mme Séguin-Lamarche a ajouté «qu’il y a une limite» à la quantité d’arbres que la Ville peut planter «dans le domaine public», alors «il faut aussi que des entreprises, les industries, les institutions et les citoyens emboîtent le pas».

Des frais qui varient selon l’indice de canopée

Le calcul pour déterminer l’indice de canopée est réalisé à partir de photos aériennes.

Pour un immeuble résidentiel dont l’indice de canopée est inférieur à 5 %, le propriétaire devra payer des frais annuels de 38 $. Un indice de canopée située entre 5 et 10 % correspond à des frais de 30 $, de 10 à 15 %, les frais sont de 24 $, etc.

Le propriétaire d’un terrain qui a un indice de canopée de 30 % et plus ne paie aucuns frais.

La contribution financière est différente pour les immeubles commerciaux.

Le propriétaire d’un immeuble dont l’évaluation est de moins de 765 000 $ doit payer entre 0 $ et 345 $ annuellement, selon son indice de canopée.

Pour les immeubles évalués à plus de 765 000 $, la contribution peut aller jusqu’à 815 $ annuellement.

Si «tous les citoyens et les entreprises» plantaient des arbres pour éliminer les îlots de chaleur, «on ne serait probablement pas obligé d’imposer des mesures contraignantes», mais «malheureusement, pour le moment, les mesures de sensibilisation ne suffisent pas», a commenté la directrice du Bureau du développement durable de la municipalité.

Les sommes récoltées par la nouvelle mesure financeront les efforts de plantation de la Ville.

«La Ville de Victoriaville s’est engagée à planter des milliers d’arbres sur son territoire afin de faire face aux défis climatiques grandissants et aux conséquences des îlots de chaleur sur la santé de la population. Cette mesure d’écofiscalité permettra de financer nos efforts tout en encourageant les propriétaires à faire leur part pour augmenter la présence d’arbres», a déclaré le maire Vincent Bourassa dans un communiqué.

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste