Le Canada et plus d’une vingtaine d’alliés de l’Ukraine ont signé une déclaration dans laquelle ils s’engagent à protéger l’Ukraine contre de nouvelles invasions russes si un accord de paix viable est conclu.
Le premier ministre Mark Carney a conclu mardi un bref voyage à Paris en promettant le soutien du Canada à l’Ukraine aux côtés de plus de 30 pays de la coalition — bien qu’on ignore encore si le Canada déploiera des troupes en Ukraine.
L’accord de sécurité proposé prévoit l’envoi d’une force multinationale pour aider l’Ukraine après la conclusion d’un cessez-le-feu, et fait la promesse de soutenir ce pays déchiré par la guerre si la Russie l’envahit à nouveau.
«Nous avons tous insisté sur notre engagement à l’égard d’une paix juste et durable en Ukraine, en accord avec les principes de la Charte des Nations Unies, et salué les progrès accomplis, notamment dans le cadre des discussions entre les Américains, les Ukrainiens, les Européens et d’autres partenaires», peut on lire dans un communiqué fourni par le Cabinet du premier ministre du Canada.
Bien que cet effort soit mené par l’Europe, l’accord prévoit que les membres non européens contribueront également, parallèlement au soutien proposé par les États-Unis.
Lors d’une conférence de presse annonçant la déclaration mardi, l’envoyé spécial du président américain Donald Trump, Steve Witkoff, a confirmé que les États-Unis s’engageaient à jouer leur rôle pour garantir la paix en Ukraine.
«Le mandat du président Trump est qu’il souhaite la paix en Ukraine, et nous sommes déterminés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour atteindre cet objectif», a-t-il affirmé.
M. Witkoff a ajouté que les accords comprenaient «des protocoles de sécurité, qui sont importants pour que le peuple ukrainien sache que lorsque (la guerre) prendra fin, ce sera pour toujours».
Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, qui a également assisté aux réunions à Paris, a déclaré que l’accord constituait «une étape très importante» sur la voie d’un «accord de paix final».
«Cela ne signifie pas que nous allons faire la paix, mais la paix ne serait pas possible sans les progrès réalisés ici aujourd’hui», a-t-il soutenu.
Les signataires de la déclaration de Paris s’engagent également à mettre en place un système de surveillance du cessez-le-feu dirigé par les États-Unis et soutenu par les membres de la coalition, à fournir un soutien militaire à long terme aux forces armées ukrainiennes et à élaborer un plan contraignant pour soutenir l’Ukraine si la Russie venait à rompre l’accord de cessez-le-feu.
Les membres de la coalition renforceraient également l’armée ukrainienne, durement touchée par la guerre, en lui fournissant armes et formation, afin qu’elle «demeure la première ligne de défense et de dissuasion». La déclaration publique ne précise pas le nombre de soldats ukrainiens ou étrangers qui seraient impliqués dans la sécurisation du pays.
Selon le premier ministre britannique Keir Starmer, la France et le Royaume-Uni établiraient des bases militaires à travers l’Ukraine et des «installations sécurisées pour les armes et le matériel militaire».
Le président français Emmanuel Macron a souligné que la déclaration inclut des pays non européens, comme le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Japon.
Il a ajouté que la présence de Mark Carney à cette rencontre, ainsi que la volonté du Canada de contribuer au respect des garanties de sécurité, envoyait un signal fort à l’international.
Lors d’une conférence de presse à l’ambassade du Canada, M. Carney a indiqué que l’envoi de troupes canadiennes en Ukraine était une possibilité, mais que les contributions pourraient d’abord commencer par des formations.
Les soldats canadiens forment actuellement les forces ukrainiennes en Pologne dans le cadre de l’opération Unifier.
Il a ajouté que le Canada ferait partie d’une éventuelle «force multilatérale» composée d’autres alliés de l’Ukraine, avec le soutien supplémentaire des Américains.
«De cette manière, notre contribution aura un effet beaucoup plus important que si nous agissions seuls», a déclaré M. Carney.
Ottawa renforcera l’armée pour aider l’Ukraine
Plus tôt mardi, le premier ministre Mark Carney a affirmé que le Canada continuera de renforcer sa puissance militaire au cours des prochaines années, notamment pour pouvoir contribuer à garantir la sécurité de l’Ukraine.
«Nous avons travaillé à cela, et nous allons continuer à le faire», a déclaré M. Carney aux journalistes mardi à Paris.
«Le plus important renforcement militaire depuis des générations aura lieu au cours des cinq prochaines années, avec un investissement supplémentaire de 80 milliards $, en partie à cause d’enjeux comme celui-ci.»
M. Carney a déclaré que la générale Jennie Carrigan, chef d’état-major de la Défense du Canada, était en pourparlers depuis des mois avec ses homologues de la coalition pour définir les garanties de sécurité de l’Ukraine, et que les dirigeants se réunissaient maintenant pour finaliser ces plans.
Le ministère de la Défense nationale a confirmé que Mme Carrigan avait participé virtuellement lundi à une réunion des chefs d’état-major de la défense des pays de la coalition.
Un haut responsable gouvernemental, s’adressant aux journalistes à bord de l’avion pour Paris, a précisé que le Canada négocie depuis des mois la possibilité d’apporter une «contribution appropriée et sérieuse» à ces garanties de sécurité pour l’Ukraine.
Mardi, M. Carney a également rencontré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a affirmé admirer la manière dont le Canada s’engageait à soutenir l’Ukraine en lui fournissant du matériel et une aide financière.
M. Rutte a également félicité le Canada pour avoir pris un rôle de premier plan dans la défense du Grand Nord, où il a noté l’activité de la Russie et de la Chine.
M. Carney a évoqué mardi l’importance de renforcer les capacités militaires du Canada pour défendre l’ensemble de la région arctique. Il a qualifié le Groenland et l’Arctique de «flanc ouest» de l’OTAN.
«Avec le renforcement de nos capacités militaires, qui n’en est qu’à ses débuts, nous investissons massivement dans l’Arctique», a-t-il indiqué.

