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Les républicains inquiets avant les élections de mi-mandat

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Le président Donald Trump s'exprime lors du lancement du programme «Trump Accounts» à l'auditorium Andrew W. Mellon, le mercredi 28 janvier 2026, à Washington. Le président Donald Trump s'exprime lors du lancement du programme «Trump Accounts» à l'auditorium Andrew W. Mellon, le mercredi 28 janvier 2026, à Washington. (Jose Luis Magana)

Les républicains s’inquiètent de plus en plus de voir l’application des lois sur l’immigration devenir un handicap politique lors des prochaines élections de mi-mandat après la mort de deux personnes tuées par des agents fédéraux lors de la répression menée par le président Donald Trump à Minneapolis.

Bien que peu osent prendre publiquement leurs distances avec le président, les critiques se multiplient, tandis que les républicains pressent la Maison-Blanche de changer de cap.

L’échéance imminente du vote des crédits budgétaires, en fin de semaine, a exacerbé les tensions au Congrès. Les démocrates s’engagent à bloquer le financement du Département de la Sécurité intérieure sans modifications significatives, tandis que les républicains peinent à trouver leurs marques.

«Il s’agit de regagner la confiance des Américains sur cette question, et je pense sincèrement que nous sommes en train de perdre sur un sujet que nous devrions gagner», a déclaré le sénateur Thom Tillis aux journalistes au Capitole.

Le républicain de Caroline du Nord prend sa retraite à la fin de son mandat, ce qui le rend plus enclin à parler franchement que d’autres membres de son parti, qui sont confrontés à l’indignation suscitée par les morts de Minneapolis tout en essayant d’éviter de s’attirer les foudres de M. Trump.

Cependant, d’autres prennent également la parole après la mort d’Alex Pretti, 37 ans, tué samedi, quelques semaines seulement après celle de Renee Good, également âgée de 37 ans.

«L’administration a perdu le contrôle du discours», a indiqué Jason Roe, un stratège républicain travaillant sur les campagnes de mi-mandat. Il a ajouté: «Nous ne pouvons pas ignorer ce qui se passe à Minneapolis.»

Minneapolis: Trump maintient la pression, deux policiers suspendus Par Sabrina Rivet | La police américaine de l’immigration a annoncé mercredi avoir suspendu deux agents impliqués dans la mort d’Alex Pretti à Minneapolis.

Historiquement, le parti qui contrôle la Maison-Blanche perd du terrain au Congrès pendant les élections de mi-mandat. Les républicains ont également éprouvé des difficultés lors des élections où M. Trump n’était pas candidat, une tendance qui s’est confirmée l’année dernière dans le New Jersey et en Virginie.

«Les démocrates sont vraiment furieux et impatients d’aller voter, a souligné M. Roe. Et, je ne constate absolument pas cela dans les sondages que j’ai consultés du côté républicain.»

Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, est la cible de nombreuses critiques.

Pour les républicains, mal à l’aise avec les méthodes de l’administration Trump, mais réticents à le critiquer directement, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, est devenue le point névralgique de leurs inquiétudes.

«Je pense que la secrétaire actuelle doit rendre des comptes pour le chaos et certaines des tragédies que nous avons constatées», a avancé la sénatrice Lisa Murkowski, qui estime que Mme Noem devrait démissionner.

Elle a renchéri: «Nous avons besoin de clarté et de transparence concernant le chaos et les tragédies que nous avons vus.»

Donald Trump a affirmé que Mme Noem «faisait un excellent travail» et qu’elle resterait dans son administration. Les démocrates réclament sa destitution, bien qu’ils n’aient pas l’influence nécessaire au Congrès pour y parvenir, les républicains étant majoritaires.

L’immigration est l’un des thèmes phares de M. Trump, et les électeurs étaient encore plus enclins à accepter sa ligne dure en 2024 que lors des campagnes précédentes.

Les républicains restent très largement favorables à son action en matière d’immigration, selon un sondage Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research réalisé en janvier.

M. Tillis, qui a également demandé le remplacement de Mme Noem, a déclaré que le président mettait cette situation en péril.

«Il a été élu grâce à un discours fort sur l’immigration, a dit M. Tillis. Et maintenant, plus personne n’en parle. On ne parle plus de la sécurité des frontières. On parle de l’incompétence de la responsable de la Sécurité intérieure.»

Ces inquiétudes ont gagné le Maine, où se déroule l’une des courses sénatoriales les plus disputées du pays. La sénatrice Susan Collins, candidate à sa réélection, a indiqué mardi avoir demandé à l’administration de suspendre l’intensification des opérations de contrôle de l’immigration dans son État et au Minnesota.

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Financement public comme moyen de pression

Les parlementaires utilisent la date limite du 31 janvier pour l’adoption des lois de finances comme moyen de pression pour obtenir des changements.

Donald Trump a déjà promulgué six des douze lois de finances annuelles pour l’exercice budgétaire en cours, mais six autres attendent encore l’approbation du Sénat, notamment le financement de la Sécurité intérieure.

Un nombre croissant de sénateurs républicains se disent prêts à accéder à la demande des démocrates de dissocier le financement du département de la Sécurité intérieure du reste du plan de relance global afin de poursuivre les débats, tout en faisant avancer les autres projets de loi.

D’autres républicains adoptent un ton plus prudent. Le sénateur Ted Budd, de Caroline du Nord, élu pour la première fois, a écrit sur les réseaux sociaux que, s’il soutenait les objectifs de Donald Trump en matière d’immigration, il espérait que la décision du président de remanier le personnel au Minnesota permettrait des «opérations ordonnées et systématiques» axées sur les délinquants les plus dangereux.

Un changement de ton notable s’est opéré au sommet de l’État suite au décès de M. Pretti samedi.

Dans une entrevue accordée à ABC News mardi soir, le président a déclaré espérer que la présence de Tom Homan, responsable de la sécurité des frontières — qui a remplacé cette semaine Gregory Bovino, de la police des frontières, comme interlocuteur sur le terrain — permettrait des opérations «un peu plus détendues» et «apaisées» à Minneapolis.

Cependant, Donald Trump a réagi avec colère lorsque le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a dit vouloir que le département de la Sécurité intérieure mette fin à son opération «le plus rapidement possible», publiant sur les réseaux sociaux que le maire «jouait avec le feu».