✝️ La prison de l'Esprit-Saint

S’auto-signaler à la DPJ à 13 ans pour quitter la Mission de l’Esprit-Saint: le témoignage d’une ex-membre qui a fait l’école «dans des sous-sols»

«J’ai expliqué ce qui se passait, toute la violence psychologique, le manque d’éducation. J’ai dit que je pensais être dans une secte.»

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S’auto-signaler à la DPJ à 13 ans pour quitter la Mission de l’Esprit-Saint: le témoignage d’une ex-membre qui a fait l’école «dans des sous-sols» Une jeune fille n’avait que 13 ans lorsqu’elle a pris la décision de fuir la Mission de l’Esprit-Saint. Dans un témoignage choquant, l’ex-membre du mouvement à dérive sectaire n’a eu d’autre le choix que de se signaler elle-même à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Une jeune fille n’avait que 13 ans lorsqu’elle a pris la décision de fuir la Mission de l’Esprit-Saint. Dans un témoignage choquant, l’ex-membre du mouvement à dérive sectaire n’a eu d’autre le choix que de se signaler elle-même à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

«Un jour, ma mère était partie avec mes sœurs, j’ai décidé d’appeler la DPJ. J’ai expliqué ce qui se passait, toute la violence psychologique, le manque d’éducation. J’ai dit que je pensais être dans une secte», a confié Julie (prénom fictif) à la journaliste Marie-Christine Bergeron.

Marie-Christine Bergeron Mission témoignage (Noovo Info)

Malgré ce signalement, Julie n’avait pas eu de réponse de la part de la DPJ après une semaine. Elle en a eu assez et a décidé de joindre Tel-jeunes pour demander de l’aide.

«J’ai dit que si on n’allait pas me chercher ce soir, j’allais me suicider. «Vous venez me chercher, ou je me tue. C’est le lendemain que la DPJ est venue.»

Isolée du monde extérieur, elle ajoute ne pas avoir eu droit à une éducation appropriée et été obligée de s’éduquer elle-même dès son entrée au secondaire.

«Dès ma première année jusqu’à mon secondaire 3, j’ai fait l’école dans des sous-sols. En milieu de troisième année, ma mère trouvait que c’était trop risqué, donc elle m’a ramené à la maison. Ils savaient que c’était illégal, qu’ils n’avaient pas le droit de faire ça, qu’ils devaient nous envoyer à l’école, mais ils ne le faisaient pas.»

Mission témoignage enfant 13 ans (Noovo Info)

Julie raconte avoir reçu son éducation de la part d’une dame qui se déplaçait jusqu’à son domicile pour lui donner des cours.

«Mais après le primaire, la madame ne venait plus chez nous.»

Julie dit avoir intégré l’école publique à la suite de l’intervention de la DPJ. Or, quitter la Mission après toute ces années a été difficile.

«Tout le monde me dévisageait, tout le monde se moquait de moi, car j’avais un nom de la secte», se souvient-elle.

Pendant ce temps, les enfants de la Mission continueraient de recevoir une éducation douteuse.

Une vidéo filmée par une membre de la Mission de l’Esprit-Saint qui a été obtenue par Noovo Info montre la présence d’une classe clandestine du mouvement. On y voit des pupitres attitrés à des enfants de la Mission. Julie confirme que le tout est bien réel.

Vidéo classe Mission (Courtoisie)

L’ex-membre de la Mission exhorte le gouvernement du Québec à agir.

«Sans intervention, il n’y aura pas de changement. On peut sauver des vies en faisant ça. Simplement en allant à l’école, ça peut te donner envie de vivre», a-t-elle conclu.

Il y a six mois, le ministère de l’Éducation avait déclenché une enquête sur la Mission de l’Esprit-Saint. Six mois plus tard, le ministère a mentionné à Noovo Info que ladite enquête est toujours en cours.

À voir dans la vidéo.