⚟ Entre les lignes

L’arme nucléaire au Canada: est-ce vraiment la «meilleure protection au pire scénario»?

Tous les yeux sont rivés vers cette arme considérée comme la plus sérieuse au monde.

Publié le 

L’arme nucléaire au Canada, la «meilleure protection au pire scénario», selon un chercheur Inventée il y a 80 ans, l’arme nucléaire est considérée comme un miracle scientifique par certains. Elle est l’arme la plus sérieuse du monde et sert de police d’assurance pour décourager d’éventuels ennemis.

Ottawa 2026. À quelques kilomètres de la capitale fédérale se trouve un bunker construit secrètement lors de la guerre froide, une époque où la peur du nucléaire était bien réelle. Or, le débat sur l’armement nucléaire gagne en popularité au Canada, et voilà que le Diefenbunker d’Ottawa ne serait plus une relique du passé.

Inventée il y a 80 ans, l’arme nucléaire est considérée comme un miracle scientifique par certains. Elle est l’arme la plus sérieuse du monde et sert de police d’assurance pour décourager d’éventuels ennemis.

Pour d’autres, elle est synonyme de mort, de destruction et de catastrophe humaine sans précédent.

Le contexte géopolitique actuel suscite plusieurs préoccupations, alors que le Canada, étant protégé par le parapluie américain, s’est toujours tenu loin de l’arme nucléaire.

En début d’année, les propos de Wayne Eyre, ancien chef d’état-major des Forces armées canadiennes, ont eu l’effet d’une onde de choc. Il estime que le Canada ne pourra jamais assurer son indépendance sans arme nucléaire, qui pourrait également contrer quelconque attaque ennemie.

Nucléaire Canada 2 (Entre les lignes | Crave)

Y a-t-il des avantages ou des inconvénients à se doter de l’arme nucléaire au cours des prochaines années? L’équipe d’Entre les lignes a tenté d’obtenir des réponses.

Les avantages de l’arme nucléaire, selon un chercheur

Des chercheurs se sont montrés ouverts à l’idée de l’arme nucléaire au pays, dont Jean-François Bélanger, professeur et chercheur associé au Collège royal de défense du Danemark.

À ses yeux, «il faudrait commencer à considérer sérieusement la défense nucléaire».

«Pas qu’on en a besoin aujourd’hui ou dans cinq ans, mais on peut arriver dans un scénario où ça devient utile», a-t-il nuancé en entrevue. «La meilleure protection contre le pire scénario, c’est de s’y préparer.»

Jean-François Bélanger (Entre les lignes | Crave)

M. Bélanger ajoute que le monde a changé depuis quelques années, si bien que le Canada se doit de repenser à beaucoup de choses lors que ça vient a nos forces armées et à nos politiques de défense».

L’arme nucléaire ne serait pas la solution

Mais pas question pour Ottawa de se tourner vers le nucléaire, réplique David McGuinty. Le ministre de la Défense nationale assure que, pour le nucléaire, la porte est fermée à jamais.

Arme nucléaire au Canada: la réaction du ministre de la Défense Pas question pour Ottawa de se tourner vers le nucléaire, réplique David McGuinty. Le ministre de la Défense nationale assure que, pour le nucléaire, la porte est fermée à jamais.

«Nous investissons plutôt dans des sous-marins avec des systèmes d’énergie conventionnels», a-t-il expliqué.

Le ministre admet toutefois que le Canada n’est plus protégé comme il l’a été auparavant.

«Le landscape a beaucoup changé», a-t-il avancé. «La Russie, c’est maintenant une économie de guerre. En Europe, les gens comprennent qu’il faut prendre ça beaucoup plus au sérieux. Et en Iran, un missile a été envoyé 5000 kilomètres plus loin.»

McGuinty Entre les lignes (Entre les lignes | Crave)

Le ministre ajoute que les armes nucléaires sont «beaucoup plus dispendieuses que les armes conventionnelles».

Pour Émile Lambert-Deslandes, l’arme nucléaire ne garantit pas la sécurité d’un pays. Le chercheur spécialisé en dissuasion et prolifération nucléaire à l’Université Queen’s maintient que des querelles ont tout de même lieu entre entre les pays qui ont l’arme nucléaire.

«L’arme nucléaire, ce n’est pas un sortilège qui fait en sorte qu’on est protégés et que tout va mieux», a-t-il expliqué.

Arme nucléaire au Canada: un chercheur sonne l'alarme Pour Émile Lambert-Deslandes, l’arme nucléaire ne garantit pas la sécurité d’un pays. Le chercheur spécialisé en dissuasion et prolifération nucléaire à l’Université Queen’s maintient que des querelles ont tout de même lieu entre entre les pays qui ont l’arme nucléaire.

Il réitère que si le Canada entame un armement nucléaire, tous les pays seront au courant.

«Il y aura une zone où tout le monde sait qu’on tente de développer l’arme nucléaire, mais on ne l’a pas encore pour se protéger. Il peut y avoir des interventions hostiles ou étrangères lors de cette période», a-t-il prévenu.

Lors de ce débat au Canada, il y a 12 500 armes nucléaires autour du globe. Elles sont partagées par neuf pays, dont les États-Unis, la Chine et la Russie. Et au Diefenbunker, les nombreuses installations visitées par l’équipe d’Entre les lignes sont inoccupées... pour le moment.

Bunker Canada (Entre les lignes | Crave)

Note de la rédaction: Noovo Info et Crave sont une division de Bell Média, qui fait partie de BCE Inc. Pour plus d’information, consultez les normes éditoriales de Noovo Info.