Une adolescente de 17 ans a été arrêtée pour exploitation sexuelle et traite de personnes, à Montréal. Avec d’autres jeunes hommes, aussi accusés dans cette affaire, elle aurait forcé deux adolescentes à offrir des services sexuels contre leur gré.
L’équipe d’Entre les lignes a pu assister à cette opération délicate qui s’est déroulée en toute discrétion, à la fin du mois de janvier.
Il est 4h du matin au Centre opérationnel du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), dans l’Est de la métropole. Des dizaines de policiers se préparent à frapper dans plusieurs lieux, simultanément.
«Une juvénile de 15 ans a été exploitée. Elle a vécu plusieurs agressions sexuelles. Camélia (prénom fictif) va être accusée de proxénétisme et traite de personnes. Les autres suspect (vont être accusés) d’agressions sexuelles armées, car souvent ils étaient deux et il y avait suffocation», explique la sergente-détective Geneviève Farah-Lajoie, de l’équipe de lutte aux proxénétisme et à la traite de personne à l’Unité d’exploitation sexuelle du SPVM.
Une autre victime présumée avait 16 ans. Elle aussi aurait subi des agressions sexuelles répétées. Camélia, la proxénète mineure au moment des faits, aurait même tenté de vendre cette adolescente à un autre criminel.
Les victimes auraient été approchées par l’entremise des réseaux sociaux, alors qu’elles étaient en fugues. Camélia offrait aux victimes de les héberger gratuitement, mais rapidement cette proposition tourne au drame.
Le quotidien des deux victimes devient un enfer.

De nombreux amis et connaissances de la proxénète les auraient agressé sexuellement, parfois seuls, parfois avec Camélia. Certains étaient même armés lors des actes allégués.
Lorsque la victime aurait supplié Camélia de l’aider, celle-ci lui aurait ordonné de se taire, affirmant que ces agressions sont en échange de l’hébergement.
Alors que sur les réseaux sociaux, des prétendus «chasseurs de pédophiles» affirment que la police ne fait rien, les agents disent agir, et ce, plus que jamais.
«L’exploitation sexuelle des enfants, c’est exponentiel», lance Frédéric Martineau, commandant à l’Unité d’exploitation sexuelle. «Toutes les semaines, nous avons des opérations. En exploitation sexuelle, il y a un grand volume, c’est triste à dire.»
Dans les coulisses de l’arrestation de Camélia
À 6h du matin, des dizaines de policiers effectuent des frappes un peu partout dans la métropole. Le cœur de l’opération se déroule dans un immeuble de l’Est de Montréal, où Camélia est arrêtée. La suspecte a l’air d’une adolescente comme les autres. Dans sa chambre, des affiches de films sont sur les murs.
Sa famille apprend avec stupéfaction les graves accusations auxquelles elle fait face. C’est la consternation chez ses proches, certains sont en colère, d’autres fondent en larmes.

Frédéric Martineau affirme qu’il ne faut pas se surprendre du profil de la proxénète alléguée.
«Dans l’univers criminel, la femme prend aussi sa place. Il ne faut pas s’imaginer que parce que c’est une jeune femme, elle n’a pas l’esprit criminel. L’esprit criminel n’est pas genré», affirme le haut gradé du SPVM.
Ce jour-là, six autres personnes seront arrêtées dans ce dossier, d’autres ont eu lieu dans les jours suivants.

La sergente-détective Geneviève Farah-Lajoie ne cachait pas sa satisfaction de voir une longue enquête arriver à terme avec l’arrestation des suspects.
«C’est le dossier qui m’a le plus touché, car la victime était forcée et les agressions sexuelles lui ont fait mal», se confie-t-elle.
À voir dans la vidéo.
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