Une ado qui a été victime de violences sexuelles a décidé de livrer un témoignage à glacer le sang à l’équipe d’Entre les lignes afin de démontrer qu’il est «possible de s’en sortir».
Léa (prénom fictif), y est allée d’un récit troublant. Elle dit avoir été recrutée par un proxénète alors qu’elle avait près de 13 ans. Léa a dû offrir des services sexuels contre son gré pendant plusieurs années.
«Si je ne le faisais pas, je me retrouvais à la rue. Je me mettais en danger», se souvient-elle.

Léa affirme avoir été approchée à plusieurs reprises par des filles qui l’invitaient à aller en voyage à Toronto. L’agente de concertation communautaire au sein de l’équipe de lutte au proxénétisme et à la traite de personne du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Milaine Gervais, mentionne que la Ville Reine est en effet l’une des destinations directement liées avec de l’exploitation sexuelle.
Et le programme Sphères – un organisme de Montréal venant en aide aux jeunes victimes d’exploitation sexuelle – remarque une hausse de la violence sexuelle à l’endroit des jeunes, qui sont très présents en ligne.
Le programme Sphères dit recevoir plusieurs victimes de proxénètes âgées de 14 ans.
En ligne, le site de petites annonces LeoList a la cote chez les proxénètes.
Ils s’y créent des comptes et y présentent des personnes, souvent mineures, sous leur emprise. Les photos des victimes s’y retrouveraient sans qu’elles s’en rendent compte.

«La majorité des jeunes rapportent plus que les majeurs. Puisqu’il y a plus de risque, les clients payent plus cher. C’est dégueulasse», a laissé tomber Léa.
Et ce ne serait que la pointe de l’iceberg. Les nombreuses plateformes comme Snapchat et Instagram constituent un océan d’opportunités pour les prédateurs.
D’ailleurs, selon Andréanne Rouette de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), les proxénètes n’ont plus besoin de rencontrer leurs victimes en personne pour les recruter.
«C’est beaucoup en ligne. Les proxénètes n’ont aucun contact avec la victime et tout s’opère virtuellement», a-t-elle expliqué.
Grâce à une grande résilience, Léa dit avoir été en mesure de s’en sortir.
Aujourd’hui, elle confie à Entre les lignes vouloir «aider son prochain» en devenant intervenante dans une maison de femmes victime de violence conjugale ou pour les femmes en situation d’itinérance.
«C’est possible de s’en sortir. Il faut de la motivation et vouloir s’aider, sinon ça ne marchera pas», a-t-elle conclu avec émotion.
Si vous vivez une situation similaire et que vous cherchez de l’aide, composez la ligne Info-aide violence sexuelle au 1 888 933-9007.
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