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Voici les mauvaises façons d’épargner pour la retraite

Tout ce qu’il faut savoir sur les erreurs les plus courantes et les solutions pour y remédier.

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Sur cette photo d'archive, on voit deux personnes âgées assises sur un banc. (Monica Silvestre / Pexels.com) Sur cette photo d'archive, on voit deux personnes âgées assises sur un banc. (Monica Silvestre / Pexels.com)

La plupart des Canadiens s’y prennent bien pour la partie la plus difficile. Ils épargnent chaque mois et résistent à l’envie de faire des folies. Mais bon nombre d’épargnants disciplinés se sabotent quand même, non pas en épargnant trop peu, mais en épargnant de la mauvaise façon: le compte, la répartition, les frais.

Sur plusieurs décennies, ces choix structurels discrets ne vous coûtent pas qu’un peu. Ils s’accumulent pour représenter une somme considérable.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Un expert en finances revient sur les erreurs les plus courantes et les solutions simples pour y remédier.

1. Vous utilisez un compte qui ne convient pas à votre situation

Pendant des années, le débat sur l’épargne-retraite au Canada se résumait à un choix entre le REER et le CELI. Ce cadre de réflexion est désormais dépassé, et s’y accrocher pourrait vous coûter cher.

Si vous n’avez pas encore acheté de maison, le compte d’épargne pour l’achat d’une première maison est souvent plus avantageux que les deux autres options. Vous pouvez y cotiser jusqu’à 8000$ par année, pour un maximum à vie de 40 000$; vous bénéficiez d’une déduction fiscale similaire à celle du REER lors des cotisations, et les retraits admissibles sont entièrement exonérés d’impôt. Cette combinaison n’existe nulle part ailleurs.

Une autre erreur courante consiste à opter par défaut pour le REER sans se demander s’il convient réellement à sa situation. Une personne à faible revenu qui cherche à obtenir une déduction d’impôt qui n’a pratiquement aucun impact sur sa tranche d’imposition, alors qu’un CELI lui conviendrait bien mieux.

2. Vous gaspillez votre remboursement de REER

Le REER fonctionne à merveille. Les gens commettent une erreur dans ce qu’ils font du montant reçu.

Voici comment cela devrait idéalement fonctionner: vous cotisez, vous obtenez un remboursement d’impôt, et vous réinvestissez ce remboursement. Cette deuxième étape est l’essentiel. Le remboursement n’est pas une prime à dépenser, c’est une partie de votre cotisation qui vous revient afin que vous puissiez la faire fructifier elle aussi.

Mais un remboursement arrive comme une aubaine, alors il est facile de l’utiliser pour financer des vacances ou un souper au restaurant. Faites-vous plaisir autant que vous voulez, mais sachez simplement qu’en agissant ainsi, vous tirez bien moins de ce compte que vous ne le pourriez. Vous avez obtenu la déduction, puis vous avez redonné la récompense à votre mode de vie plutôt qu’à votre avenir.

La solution est simple. Lorsque le remboursement arrive, réinvestissez-le directement dans votre REER ou votre CELI avant de pouvoir vous en dissuader. Ou mieux encore, évitez complètement le remboursement. Si vous cotisez par l’entremise d’un REER collectif au travail, l’allègement fiscal est déjà intégré à chaque chèque de paie. Si vous cotisez à titre individuel, vous pouvez remplir le formulaire T1213 pour que l’ARC réduise l’impôt retenu sur votre salaire; vous profitez ainsi de l’avantage fiscal tout au long de l’année au lieu d’attendre une somme forfaitaire que vous risqueriez de dépenser.

C’est également à ce stade que certains lecteurs se demandent si prendre sa retraite à l’extérieur du Canada change la donne en matière de retraite. Cela peut être le cas, et même considérablement. Christopher Liew a comparé les performances réelles des États-Unis et du Canada dans une vidéo.

3. Votre portefeuille d’investissement ne correspond pas à votre horizon temporel

L’épargne ne représente que la moitié du travail. C’est la façon dont cet argent est investi qui détermine ce qu’il deviendra réellement, et c’est là que deux erreurs opposées sont observées.

Les jeunes épargnants qui placent tout leur argent en liquidités ou dans des CPG parce que le marché leur fait peur renoncent à des décennies de croissance qu’ils ne pourront jamais rattraper. Le temps est le seul véritable avantage dont ils disposent, et ils le gaspillent.

À l’autre extrême, les personnes à cinq ans de la retraite restent parfois trop longtemps dans une stratégie offensive, puis subissent une chute du marché juste au moment où elles s’apprêtent à commencer à retirer leurs fonds. C’est le pire moment possible pour une forte baisse. C’est l’un des regrets le plus souvent entendu chez les retraités. En général, la composition de votre portefeuille devrait devenir progressivement plus prudente à mesure que vous vieillissez. Si vous l’avez définie il y a 10 ans et que vous ne l’avez jamais revue depuis, elle ne vous convient probablement plus.

«Vieillir? C’est pas si pire»: un livre pour bien planifier sa vieillesse Par Lila Mouch | Planifier sa retraite fait partie de la norme, mais préparer sa vieillesse devrait être tout aussi important pour rester autonome et en santé le plus longtemps possible. C'est ce qu'un médecin québécois propose, avec son livre Vieillir? C’est pas si pire et son programme de vigilance.

4. Vous laissez de l’argent gratuit sur la table

Si votre employeur propose de verser une contribution équivalente à la vôtre pour votre régime de retraite et que vous ne profitez pas pleinement de cette contrepartie, arrêtez de lire et allez régler cela dès aujourd’hui.

Une contribution de contrepartie de l’employeur est ce qui se rapproche le plus de l’argent gratuit que vous puissiez trouver. Si votre entreprise ajoute 50 cents pour chaque dollar que vous cotisez, jusqu’à un certain plafond, cela représente un rendement instantané de 50% avant même que vos placements ne rapportent un seul cent. Aucun investisseur boursier au monde ne peut battre ce rendement de façon fiable.

Pourtant, les gens laissent souvent cette somme inutilisée, généralement parce que s’inscrire leur semblait être une formalité administrative qu’ils remettraient à plus tard. Les couples passent également à côté d’autres avantages faciles à obtenir, comme les cotisations au REER de conjoint qui permettent de transférer le revenu vers le conjoint ayant le revenu le plus faible. Vérifiez ce que votre employeur offre réellement, puis assurez-vous d’en profiter pleinement.

5. Vous ne tenez pas compte de ce que vos frais vous coûtent réellement

Chaque fonds commun de placement facture un ratio des frais de gestion, et au Canada, celui-ci se situe généralement entre 1% et 3% par année. Cela peut sembler insignifiant, jusqu’à ce que vous calculiez l’impact à long terme. Sur plusieurs décennies, l’écart entre payer 2% et 0,5% ou moins peut réduire considérablement votre solde final, car vous perdez non seulement les frais, mais aussi toute la croissance que cet argent aurait pu générer.

Voici pourquoi c’est important dès maintenant. De nouvelles règles de divulgation du coût total entreront en vigueur en 2027; ainsi, les frais cachés qui se dissimulaient auparavant dans vos fonds seront bientôt indiqués en dollars concrets sur votre relevé annuel. Beaucoup de Canadiens vont avoir un choc lorsqu’ils verront ce chiffre.

N’attendez pas de recevoir votre relevé. Vérifiez le ratio des frais de gestion (RFG) de chaque fonds que vous détenez, et s’il existe des options moins coûteuses offrant une exposition similaire – ce qui est généralement le cas –, changer de fonds peut être l’une des décisions les plus rentables que vous puissiez prendre.

Conclusion

Rien de tout cela ne nécessite de gagner plus ou d’épargner davantage. Il suffit simplement de vous assurer que l’argent que vous mettez déjà de côté travaille aussi fort que vous. Choisissez les bons comptes, réinvestissez votre remboursement au lieu de le dépenser, adaptez vos placements à votre horizon temporel, profitez de chaque dollar d’argent gratuit et cessez de payer des frais excessifs. Si vous réussissez ces 5 points, vous aurez discrètement offert à votre futur moi une augmentation considérable.

Christopher Liew est CFP®, CFA et ancien conseiller financier. Il rédige des conseils en matière de finances personnelles pour des milliers de lecteurs canadiens quotidiens sur Blueprint Financial.