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Souvenirs de roues de tracteurs

Les beigneries Dunkin Donuts vont faire leur retour au Québec.

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Chronique Alex Perron | «Souvenirs de roues de tracteurs» (Image de la banque Envato et montage Noovo Info) Chronique Alex Perron | «Souvenirs de roues de tracteurs» (Image de la banque Envato et montage Noovo Info) (La Presse canadienne)

Il y a deux semaines, on a vécu un moment Retour vers le futur. On annonçait avec l’enthousiasme d’un enfant qui salive devant un beigne Boston à la costarde que les beigneries Dunkin Donuts allaient faire leur retour au Québec.

Disparu depuis belle lurette de nos quartiers, cet ancêtre du Tim Hortons rouvrirait ses portes dans un futur pas trop lointain. J’espère que le personnel portera de nouveau l’emblématique uniforme en fortrel «gris-rose-brun-on sait pas trop c’est quoi les couleurs». Un uniforme qui ne met personne en valeur, mais qui peut éponger un silex de café renversé sur le comptoir en quinze secondes.

Cette annonce nous a tous fait plaisir. Un mélange de nostalgie qui se marie avec le présent. Comme une roue de tracteur avec un café filtre. Je repensais au Dunkin Donuts pas loin de chez nous qui servait de menace à ma mère: si tu es calme au Woolco, on va arrêter au Dunkin. Rien qu’un peu d’énervage, pas de beigne. Mon hamster s’est mis à rouler dans ma tête. Qu’est-ce qui a disparu et que j’aimerais revoir?

Les roulathèques. Des patins à 4 roues pas alignés, une piste en forme de cercle avec un plancher en bois, des caisses de sons au centre, des jeux de lumière au plafond, merci bye-bye, on tournait en rond tout notre samedi après-midi au son des hits de l’heure. Les plus habiles d’entre nous patinaient même à reculons.

Il s’en est égrainé des coccyx en tombant sur le derrière. Pas tant parce que l’impact était fort, mais plus parce qu’on avait notre peigne à cheveux dans la poche arrière de notre jeans Wrangler serré.

Imaginez aujourd’hui: des influenceurs sur TikTok qui roulent en cercle sur Bring your love de Madonna en faisait la promotion d’un magasin de meubles.

C’est dommage qu’il n’y ait plus de parc d’attractions pour enfant dans les restaurants McDonalds. C’était tellement cute de voir un Simon 7 ans, s’enfarger dans le Grosse Douceur en métal et revenir en braillant vers sa mère avec une McCroquette étampée dans le front parce qu’il mangeait en même qu’il jouait. C’était le bon temps.

On ramène les clubs vidéo. Il n’y avait rien de plus le fun que de partir de chez soi, rouler quinze minutes à vélo, arriver au club vidéo et prendre quarante-cinq minutes pour choisir un film.

Au lieu de s’inscrire sur une plate-forme, on va au club vidéo et on loue à la pièce. Un film sur Crave, un documentaire sur illico plus et un porno sur la chaîne d’Anne-Marie Losique. On te donne trois codes pis tu retournes à la maison. Tu me diras que c’est moins pratique, oui. Mais, tu as tes quinze minutes d’exercice à cause du vélo. Pierre Lavoie serait fier de moi.

Les cabines téléphoniques. De nos jours, on peut texter et téléphoner, peu importe où on est, mais dans le temps, si tu n’étais pas chez toi, fallait que tu trouves une cabine téléphonique. Ça se trouvait sur un coin de rue. Généralement dans sur une rue très passante pour faire en sorte que tu n’entendes pas pantoute la personne qui te parle au bout du fil.

Adolescent, c’était pratique pour les coups de téléphone parce qu’on ne pouvait pas te retracer. Tu pouvais faire livrer une pizza chez ton pire ennemi et c’était impossible de savoir que c’était toi. Vingt-cinq cennes par appel. Mais un vingt-cinq cennes investit dans la grande satisfaction d’y voir la face de stupeur quand il ouvrait la porte au livreur.

Les permanentes pour friser les cheveux. Une odeur de décapant tellement forte que ça te faisait pâlir les yeux en même temps. Un double changement de look.

Les jus dans un sachet de plastique. Tu plantais une paille dans le sachet et la plupart du temps tu passais à travers le sac et le jus se vidait dans le stationnement du dépanneur «Perrette». Ça venait en saveur de jaune, rouge ou marine. Hum.

Y’a pas à dire, y’a des choses essentielles qui se perdent. On devrait faire plus de Retour vers le futur.

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