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PSPP et le mensonge migratoire

«Comme le plaiderait le principal intéressé : on n’a rien contre les immigrants, seulement contre les politiques d’immigration.»

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Chronique Me Frédéric Bérard | «PSPP et le mensonge migratoire» (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne) Chronique Me Frédéric Bérard | «PSPP et le mensonge migratoire» (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne) (La Presse canadienne)

L’affaire n’a rien de bien original ni iconoclaste.

Certains pourtant, dont l’ex-premier ministre Legault, en auront pratiquement fait une carrière : pointer, tant pour assurer la diversion sur ses propres déboires que pour amasser du fric électoral traînant au sol : l’Autre.

Le tout a débuté par Mario Dumont qui, dans l’espoir de relancer une ADQ alors en phase terminale, balança le fameux « Il est temps de mettre nos culottes ! », lequel devait donner naissance à la spectaculaire fumisterie de la « crise » des accommodements raisonnables.

Parce que celle-ci a réellement existé dans la psyché collective, de conclure Bouchard-Taylor, le tout aura été la résultante exclusive du boulot (intéressé) de Québecor.

La recette fructueuse — Dumont passant à quelques sièges de devenir premier ministre — plus question, nonobstant l’absence de racines factuelles aux accusations portées, de s’en priver.

Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose, plaidait Voltaire.

Or, même si ses gardes du corps sur les réseaux sociaux s’affaireront à virtuellement « casser les jambes » à quiconque invoquant sa frime, l’actuel chef du Parti québécois — l’Histoire en témoignera — aura élevé la culture politique du mensonge, en matière migratoire, au niveau expert.

Après une accalmie préélectorale profitable à son souffre-douleur favori, il n’aura fallu qu’un sondage — le plaçant à égalité statistique avec la CAQ — afin de renouer avec la dépendance. En point de presse, devant une école secondaire de Québec, PSPP rendra l’immigration responsable des enjeux de ressources affectant celle-ci, et combien d’autres, un peu partout sur le territoire.

Pénurie des enseignants ? Faute des nouveaux élèves issus de l’immigration.

Classes débordantes ? Idem.

Le PQ souhaite réduire les seuils d'immigration Le Parti québécois a consacré sa troisième journée de campagne au dossier de l'immigration. Disant vouloir «réparer» ce qu'a brisé la CAQ, Paul St-Pierre Plamondon s'est notamment engagé à réduire le seuil d'immigration permanente.

S’interdisant de s’arrêter en si bon chemin, le chef péquiste en profitera pour y rattacher, de nouveau, la crise du logement, le déclin du français et l’accès aux services publics en général.

Facile de même, donc: on snappe l’immigration et, magie, retour au bonheur.

MAKE QUÉBEC GREAT AGAIN.

Fallait y penser, et on remercie son conseiller parisien. Fidèle à son ordinaire, le chroniqueur appuiera sans réserve la sortie du leader souverainiste, réinsistant à l’effet que la lutte à l’immigration massive se veut la « vraie question de l’urne », son mantra de toujours, peu importe les faits.

Or, si ceux-ci sont têtus, encore faut-il leur réserver une place conséquente, ce que refuse manifestement le PQ. Par preuve : pour la première fois depuis 1997, le Québec se trouve en… déficit migratoire.

C’est ainsi que l’autorité officiellement citée par PSPP, l’économiste Pierre Fortin, recommande de maintenir les seuils d’immigration permanente entre 50 000 et 60 000, chiffre drastiquement plus important que les 35 000 proposés par le Parti québécois.

Histoire de demeurer dans la mathématique, on se demandera également par quelle contorsion les crises du logement, des services sociaux, des soins hospitaliers et celle afférente à la pénurie d’enseignantes sont aujourd’hui bien ancrées dans l’ensemble des régions québécoises, là où, bien souvent, on cherchera en vain la trace de quelconque immigration massive, ou d’immigration tout court.

Et pour ceux récemment sortis du coma et imaginant une erreur de bonne foi dans la dernière manœuvre péquiste, on rappellera le pot-pourri suivant, empreint des meilleurs succès de PSPP en matière migratoire (merci à l’historien Alexandre Dumas pour cette partie de la recension, qu’on peut retrouver ici.

  • « Le Québec met bel et bien en jeu sa “paix sociale” s’il poursuit sur sa lancée en immigration. »
  • « Est-ce que le rapport à l’homosexualité qu’ont des membres de certaines communautés, dans le contexte d’une salle de classe issue à 90 % de l’immigration, a pu jouer dans un cas comme celui-ci ? »
  • « Parce que si nos seuils d’immigration sont trop élevés, il n’y a pas de logement, le logement coûte très cher, les gens sont étouffés au niveau du paiement de leur hypothèque et du loyer, est-ce qu’ils vont prendre la décision d’avoir un enfant ou un enfant de plus ? Les deux sont reliés. »
  • « [obtenir les pleins pouvoirs en immigration] est une question de survie de la nation, de louisianisation. »
  • « On assiste à l’émergence de groupes criminels nouveaux qui amènent au Québec des techniques de criminalité plus agressives […] Il y a 20 ans, avant les changements démographiques générés par l’immigration, on n’aurait jamais pensé que des groupes criminels puissent être aussi agressifs […]. »
  • « Le Canada est passé de l’indifférence envers le Québec à une action concertée [par l’entremise de l’immigration] pour nous affaiblir, pour nous effacer même, à tous les points de vue. »
  • « On a été de mauvais voisins », en donnant raison à Trump sur la gestion de l’immigration par le Canada et sa contribution à la… crise du fentanyl.
  • En entrevue à LCN le 3 octobre 2004 pour commenter la suggestion de François Legault de déporter 80 000 demandeurs d’asile, St-Pierre-Plamondon refuse de dire, malgré l’insistance de la journaliste, s’il se veut d’accord ou non avec les manœuvres d’expulsion — pourtant strictement interdites par les Conventions de Genève, signée par 149 États.

Mais bon, comme le plaiderait le principal intéressé : on n’a rien contre les immigrants, seulement contre les politiques d’immigration.

Comment en douter?

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