Les réseaux sociaux, et c’est une chance, ne causent pas que problème. Certaines pages satiriques, pour seuls exemples, posent un baume sur quiconque se désole du zoo politique. L’une, assez rigolote, s’amuse présentement à imaginer des candidats fictifs.
Pas mal comique.
Sauf que la fiction se fait, assez souvent, avouons-le, damer le pion par le vrai.
Comme cette fois où, me croyant sur la page en question, je m’esclaffe.
Pas pire, bien pensée, cette blague d’animatrice de shows disons… particuliers.
Blague? Plutôt une réelle annonce par la première ministre, fière de son coup.
Pas sérieux?
Une courte recherche internet, à savoir ce qu’elle fait de bon, depuis le temps.
J’y apprends qu’elle confiait, sur les ondes d’une station en 2024, que: «Les guides, des êtres de lumière, passent par différentes façons pour nous donner certaines réponses. Mais il faut être connectée […] Le pendule, je ne m’en sers pas pour des questions: est-ce que je vais acheter un char demain, est-ce que je vais gagner le million?»
Voilà qui rassure — surtout si elle en venait à être nommée aux Finances ou au Trésor.
Un autre candidat-vedette, annoncée en grande pompe par un chef en quête de visibilité, est bien connu des réseaux sociaux par ses capsules sur tous les sujets, incluant ceux… dont il ne connaît rien.
Fort de n’avoir jamais réussi, malgré quelques tentatives, les examens du Barreau du Québec, ses coups de gueule sur le droit constitutionnel sont tout autant carrés que dénués de fondements.
On se rappellera, entre autres caricatures récentes, ses sorties plaidant qu’il existe bel et bien un droit judiciable au logement, au Québec, ou que la Loi 101 permet dorénavant aux inspecteurs de l’OQLF «le droit de fouiller nos messages textes, nos courriels, nos photos, nos cellulaires, nos laptops et même nos véhicules», que le gouvernement «n’a même pas besoin de nous le dire» et qu’il «utilisera peut-être la langue comme prétexte pour fouiller les cellulaires des gens pour d’autres raisons.»
Du délire ou au mieux, du droit constitutionnel-fiction.
En l’espérant ailleurs qu’à la Justice ou même, à la Sécurité publique.
Les déclarations troubles d’une vedette, celle-là de Radio X, ne cessent de mettre son chef sur la sellette. Bien que ce dernier semble s’amuser de la situation, reprenant les récriminations de «chasse à l’homme» invoquées par son conseiller de Paris, reste que les propos de l’ex-chroniqueur devraient semer le doute sur une telle abnégation: les artistes en difficulté financière «n’ont pas de vrais jobs», les femmes de 55 ans et plus sont «des grannies», celles autochtones sont des «squaws», Anne-Marie «Withenchatte», et son succès-souvenir, le très parlant «Ma grand-mère suce de grosses queues sur Internet».
Sur-mesure pour le ministère de la Condition féminine.
De simples anecdotes? Pas tant sûr. Regardez, en fait, le dénominateur commun des candidats annoncés avec tambours et trompettes: la dictature des followers, des écrans, des ondes.
La notoriété comme principal, sinon le seul, critère.
Regardez, d’ailleurs, le quasi-ensemble des «vedettes» alors débauchées par François Legault: Martine Biron, Mathieu Lacombe, Bernard Drainville, Pascale Déry, Caroline Proulx, Nathalie Roy, Kariane Bourassa, Louis Lemieux, Samuel Poulin, Sylvain Lévesque. Qui, là-dedans, aura minimalement tiré son épingle du jeu? Un gouvernement de communicateurs, en bref, avec les résultats que l’on connaît.
On ajoutera, toujours chez le même parti, la volonté de déclarer comme dépense électorale la campagne parallèle d’un recenseur de poutine et proprio d’une plage à douchebags, fort de centaines de milliers de suiveux obnubilés par allez-savoir.
Le recenseur culinaire aura même réfléchi à l’humble idée, endossée par Mario Dumont, de se présenter au dernier leadership caquiste, et devenir, selon l’équation followers = cartes de membres, le prochain premier ministre. Partie remise, apparemment.
Condescendant? Malheureusement, mais j’assume. Parce que si tout un chacun, en démocratie, a nécessairement voix au chapitre, restent quand même des limites à la contamination de celle-ci par la culture du vide, de l’apparence et de l’insignifiance.
Il est temps, nostalgie et preuves à l’appui obligent, de rétablir la compétence et expérience à titre de critère premier.
Bien que moins connues de l’œil public, quelques actuelles candidatures remplissent, sans forcer, la case prisée:
Jocelyn Caron, du PQ, rédacteur principal du solide livre bleu, et intellectuel dédié à temps plein à la cause souverainiste.
Benoît Clermont, du PLQ, avocat en propriété intellectuelle et producteur, pendant longtemps, d’une multitude de réalisations télévisuelles ou documentaires d’intérêt.Chantal Roussel, de la CAQ, polyvalente, entrepreneure en région, fondatrice de maisons de soins palliatifs, globe-trotteuse-humaniste.
René Gauvreau, de QS, avocat en matière de droit de la jeunesse et engagé auprès d’organismes au même effet.
Une candidature vedette, au final, en est une ministrable, dans le noble sens du terme.
Outre, donc, une quelconque participation à Sortez-moi d’ici! ou Paquet voleur.
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