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Politique: moments marquants 2022-2026

La session parlementaire s’est terminée vendredi à Québec, et c’est l’heure des bilans.

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Chronique Antonine Yaccarini | «Politique : moments marquants 2022-2026» (Image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info) Chronique Antonine Yaccarini | «Politique : moments marquants 2022-2026» (Image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info)

La session parlementaire s’est terminée vendredi à Québec, et c’est l’heure des bilans. Dans moins de quatre mois, les Québécoises et les Québécois iront aux urnes. On peut affirmer sans trop se tromper que le contexte et la dynamique politique ont complètement changé depuis la dernière fois qu’ils s’y sont rendus. Retour sur les événements les plus marquants de la 43e législature.

L’abolition du serment au Roi

Après la victoire éclatante de la CAQ le 3 octobre 2022, le Parti Québécois a trois députés, dont le chef Paul St-Pierre Plamondon, qui fut élu à la suite d’un concours de circonstance exceptionnelle. La politique n’est jamais plate.

Aussitôt arrivé à l’Assemblée nationale, il commence à brasser la cage. Les députés péquistes refusent de prêter serment au Roi pour officialiser leur assermentation. En décembre, le projet de loi 4, loi abolissant le serment obligatoire au Roi, est adopté. Les députés péquistes commenceront à siéger au retour des Fêtes. Cet événement donnait le ton pour le PQ, qui ira de coup d’éclat en coup d’éclat vers la plus haute marche des sondages dans les mois suivants.

L’élection partielle dans Jean-Talon

Le 2 octobre 2023, les électeurs de cette circonscription de Québec éliront un candidat péquiste pour la première fois de son histoire. Pascal Paradis devient le 4e député du petit caucus de PSPP, sous fond de controverse entourant le troisième lien.

Ça brasse au PLQ, à la CAQ et chez QS, mais «ça va bien au PQ», selon Paradis La crise au Parti libéral du Québec (PLQ) éclipse les réelles préoccupations des Québécois, a déploré le député du Parti québécois (PQ) Pascal Paradis.

Les élections partielles ont le don d’avoir un gros impact dans la trame narrative politique. Tout comme celle dans Louis-Hébert en 2017 avait été marquante pour la montée de la CAQ jusqu’à sa victoire en 2018, la victoire péquiste marque le début de jours heureux dans les sondages. La CAQ débute quant à elle sa chute abrupte après des années de lune de miel.

Le départ de Fitz

Le super ministre est tanné, et il le dit ouvertement dans les couloirs. Tellement que le premier ministre finit par précipiter son départ, plutôt que d’attendre le moment souhaité par son ami Pierre. L’élection dans Terrebonne, provoquée par ce départ, causera une autre défaite difficile pour la CAQ, nourrissant la chute du parti dans le cœur des électeurs. Ce départ marquera un changement de cap en économie… mais celle qui a pris le relais (l’actuelle première ministre) traînera l’approche de son prédécesseur comme un boulet.

Haroun Bouazzi crée l’émoi

«Dieu sait que je vois ça à l’Assemblée nationale tous les jours, la construction de cet autre, de cet autre qui est maghrébin, qui est musulman, qui est noir, qui est autochtone, et de sa culture qui, par définition, serait dangereuse ou inférieure».

Ce sont les paroles qui ont été prononcées par le député solidaire Haroun Bouazzi lors d’un gala de la Fondation Club Avenir. Ces paroles incendiaires ont choqué un grand nombre de députés et d’observateurs de la scène politique. Même des collègues de M. Bouazzi vont être visiblement malaisés par cette accusation de racisme rendue publique en novembre 2024.

Victoire et chute de Pablo Rodriguez

La route fut tumultueuse pour les libéraux durant ce mandat. Marc Tanguay a assuré un long intérim avant d’enfin passer le flambeau à la suite d’une course à la direction qui officialisera Pablo Rodriguez comme nouveau chef le 15 juin 2025.

«L’honneur d’une vie»: Rodriguez revient sur sa démission comme chef du PLQ Pablo Rodriguez est revenu sur sa démission comme chef du Parti libéral du Québec (PLQ) lors d’un point de presse jeudi matin à la permanence du Parti libéral du Québec, à Montréal. M. Rodriguez est revenu d’entrée de jeu sur les dernières semaines, qu’il a qualifiées de «difficiles», et sur son long parcours en politique fédérale.

Le nouveau chef choisit l’excellente Marwah Rizqy comme cheffe parlementaire, mais celle-ci posera quelques mois plus tard un geste qui marque le début d’une crise pour la formation politique. Elle congédie la directrice de cabinet choisie par Rodriguez. En parallèle, le Journal dévoile des textos qui laissent entendre que des votes furent achetés durant la campagne de Pablo Rodriguez. Ce dernier démissionne le 17 décembre 2025. Des enquêtes et des poursuites sont toujours en cours à l’heure actuelle.

Élection partielle dans Arthabaska

À l’approche des élections fédérales, un autre caquiste quitte le navire pour devenir candidat conservateur. Décidément, le caucus caquiste perd des plumes. Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, y voit une occasion de faire son entrée à l’Assemblée nationale. Le PQ lui oppose l’ancien journaliste Alex Boissonneault. Duhaime devra encore attendre, c’est le PQ qui l’emporte et qui grossit une fois de plus les rangs de la députation péquiste.

La commission Gallant

Le scandale SAAQclic mène à l’inévitable : une commission d’enquête est déclenchée le 18 mars 2025. Cette commission, menée par le juge Denis Gallant, va éclabousser plusieurs personnes et mener à des recommandations cruciales qui visent à mettre fin aux fiascos perpétuels des projets de transformation numérique dans l’appareil gouvernemental. Le rapport n’est toujours pas mis en application à l’heure actuelle, malgré les controverses entourant d’autres projets informatiques, notamment en santé. Qu’attend-on ?

Rapport Gallant: des années de mensonges à la SAAQ La SAAQ était au courant pour les importants dépassements de coût de son virage numérique, selon le rapport de la Commission Gallant.

François Legault démissionne

Après avoir tenté le tout pour le tout avec une prorogation, un remaniement ministériel et un feu d’artifice législatif, M. Legault doit se rendre à l’évidence, l’aiguille ne bouge plus. Coincé dans les bas-fonds des sondages, il annonce sa démission le 14 janvier 2026. Une période étrange débute, alors que la CAQ tente d’essayer de continuer de gouverner tout en étant dans une dynamique de course à la direction. Bernard Drainville et Christine Fréchette se livrent une lutte pas toujours très gentille, et c’est cette dernière qui accède au poste de première ministre le 12 avril 2026.

Vers les élections: Christine Fréchette s'entretient avec Noovo Info La CAQ a une «voie de passage» claire pour être reconduite au pouvoir en octobre prochain, estime la première ministre Christine Fréchette, qui est convaincue que la querelle référendaire entre le PQ et le PLQ ne plait pas du tout au Québécois. Entrevue avec Marie-Christine Bergeron.

Les indépendants font la manchette

La législature se termine avec un gros caucus de députés indépendants. Ce n’est pas mêlant, ils sont plus nombreux que la députation péquiste ! Certains sont plus vocaux, d’autres plus discrets.

Après avoir critiqué allègrement la CAQ après son exclusion du conseil des ministres à l’automne 2025, Maïté Blanchette-Vézina se joint finalement au PCQ quelques mois plus tard.

D’autres anciens caquistes brassent la cage. Youri Chassin s’oppose autant que possible à un projet de loi visant à bloquer la refonte e la carte électorale. Christian Dubé déclare lors d’une entrevue que la CAQ a « renié ses principes » en santé. Gilles Bélanger se transforme en lanceur d’alerte en matière informatique après avoir été écarté de son rôle de ministre de la Cybersécurité et du numérique.

Comme l’a dit la première ministre lors de sa dernière prise de parole de la session, «il était temps que le mandat finisse, sinon [les indépendants] auraient formé le gouvernement.»

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