La nomination de Pascal Paradis comme négociateur en chef du gouvernement du Québec est révélatrice des priorités du nouveau gouvernement de Paul St-Pierre-Plamondon.
La nomination de Pascal Paradis à un tout nouveau poste, taillé sur mesure, à savoir celui de négociateur en chef du Québec (notamment en matière de relations internationales), révèle plusieurs choses sur les ambitions et les priorités du nouveau gouvernement péquiste.
L’audace
D’abord, il faut noter que c’est un choix audacieux. Plutôt que de confier à Pascal Paradis un portefeuille ministériel traditionnel (en le nommant ministre non élu), le premier ministre choisit de lui tailler un rôle sur mesure qui sera critique. Ce n’est pas banal.
Il s’agit d’une façon de mobiliser une expertise sans nécessairement passer par les structures habituelles du Conseil des ministres. Une approche originale, audacieuse, qui donne probablement le ton à une série d’autres mesures novatrices.
L’économie d’abord
Ensuite, cette nomination envoie un signal politique particulièrement clair : les relations économiques internationales seront au cœur des priorités gouvernementales.
Le contexte est évidemment incontournable. Alors que les relations commerciales avec les États-Unis traversent une période de turbulences, Québec souhaite participer le plus activement possible aux négociations qui concernent directement ses intérêts.
En plaçant Pascal Paradis aussi près du premier ministre, le gouvernement indique que ce dossier fera l’objet d’une attention particulière au plus haut niveau de l’État (à savoir le ministère du conseil exécutif).
Une ambition internationale beaucoup plus large
La nomination de Pascal Paradis s’inscrit également dans un contexte où le Parti Québécois a annoncé vouloir développer de façon importante le réseau des représentations du Québec à l’étranger.
En novembre 2025, lors de la présentation d’un des premiers chapitres du Livre bleu sur l’indépendance du Québec, le PQ promettant de doubler le nombre de pays où la province a une représentation.
Il ne s’agit donc pas simplement de nommer une personne, Pascal Paradis, à un poste particulier. Il s’agit d’une volonté affichée de renforcer la présence du Québec sur la scène internationale et d’occuper davantage l’espace diplomatique dont peut disposer la province, même si l’État québécois n’est pas indépendant.
Pour un gouvernement souverainiste, accroître la visibilité internationale du Québec peut également contribuer à faire reconnaître davantage sa capacité d’agir comme acteur politique distinct.
C’est également un aveu explicite que le gouvernement du Québec ne fait pas confiance aux institutions canadiennes pour bien représenter les intérêts propres au Québec à l’étranger.
Ceci ne devrait toutefois pas être controversé, puisqu’objectivement parlant, il est fréquent que les intérêts du Canada n’aillent pas dans le même sens que ceux du Québec (pensons seulement aux subventions accordées à l’industrie pétrolière).
Les Premières Nations et les Inuits
Un autre dossier où Pascal Paradis sera impliqué est celui des relations avec les communautés autochtones. À cet effet, plusieurs représentants de ces communautés ont salué la nomination, puisque Paradis s’est montré, au cours des dernières années, très sensibles aux enjeux autochtones.
Même « prudent », l’optimisme exprimé par plusieurs leaders autochtones est positif, considérant à quel point les enjeux sont complexes et souvent parsemés de désaccords profonds.
Pas de ministre non élu pour représenter Québec?
Maintenant que Paradis ne peut plus être ministre non élu, on se demande comment le gouvernement va tenter d’intégrer la voix de la région de la capitale nationale au sein du cabinet, qui sera annoncé mercredi.
Je suppose qu’on peut s’attendre, encore une fois, à de l’audace.
À suivre, mercredi, donc.
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