Vous le savez, parce que je le répète aussi souvent qu’une porte claque dans une maison hantée, je suis un grand amateur de films d’horreur. Et en ce moment, je suis fasciné par le succès de deux films qui n’en finissent plus de s’accrocher aux premières positions du Box-office mondial. Et tout ça à travers les grosses pointures des grandes maisons de production, qui, malgré des budgets faramineux de promotion, n’arrivent pas à leur ravir le titre de chouchou du public.
Depuis plus d’un mois, les films Obsession et Backrooms attirent le public dans les salles de cinéma comme le beurre sur du pop-corn. À croire que ces deux films ont fait un pacte avec Satan. Ils ont plusieurs points en commun. Ils ont été produits par des boîtes de production importantes (A24 et Blumhouse), mais qui ne rivalisent pas encore avec les grands joueurs du monde du cinéma.
De plus, ces films sont l’accomplissement de deux jeunes réalisateurs recrutés sur YouTube. Curry Barker, 27 ans pour Obsession et Kane Pearson, 21 ans pour Backrooms. Inutile de vous mentionner que ce sont leurs premiers films. Des budgets modestes: 750 000 $ pour Obsession avec des recettes de 285 millions et 10 millions pour Backrooms avec des recettes de 248 millions. Une distribution qui n’affiche aucune star. Un budget de promotion minuscule. Des tournages d’à peine un mois avec des équipes réduites au minimum.
Mais qu’est-ce qui fait de ces deux films, des succès? Avant tout, on disait que l’on voulait amener la génération des Z dans les salles de cinéma avec ces deux propositions issues de jeunes loups de YouTube. Des millénariaux qui s’adressent aux millénariaux.
Je comprends l’idée et visiblement ça a marché. Parce que les jeunes accros aux trucs pas trop longs sur les plateformes ont répondu présents. Mais ça dépasse ça et de loin. Pourquoi? Les raisons sont simples et sont à la base du cinéma.
Un très bon scénario qui se tient. Des acteurs et des actrices qui jouent parfaitement ce qu’ils ont à jouer. Des réalisateurs créatifs et inventifs qui ne comptent pas seulement sur un budget d’effets spéciaux pour amener les spectateurs sur le bout de leur siège. Bref, avoir une vision claire de ce qu’on veut raconter aux cinéphiles.
Et attention, je ne dis pas qu’avoir un gros budget de production et les moyens de ses moindres ambitions aboutissent à un mauvais film. Je ne dis pas non plus qu’un réalisateur connu ou une réalisatrice connue, qui a fait ses preuves dans le passé ne peut plus créer un petit bijou. Pas du tout. Ce serait aussi stupide d’affirmer ça que d’ouvrir le sarcophage d’une momie damnée. On revient toujours au même point: tout est dans le processus de création.
A24 et Blumhouse nous enseignent une chose importante : à vouloir plaire à tout le monde, on plaît trop souvent à peu de gens. J’ai l’impression que c’est l’erreur qu’ont faite les grandes boîtes de production ces dernières années. Parce que les temps sont durs et qu’on veut que le film rapporte le plus, on essaie d’en donner pour tous. On ratisse ben large.
Mais ça finit souvent entre deux chaises ou deux tombes.
Les créateurs derrière les films Obsession et Backrooms n’ont pas cherché à plaire à tous. Ils ont proposé une vision unique. Et pourtant, toutes les générations continuent de se garrocher au cinéma aussi rapidement que des survivants se sauvent d’une horde de zombies. Le public est pas mal plus intelligent que cette adolescente qui ne sauve pas en courant devant le tueur à la machette devant elle. Les cinéphiles aiment être surpris, déstabilisés, apeurés, bousculés, horrifiés et ne carburent pas au réchauffé. Le bouche-à-oreille fait toujours son travail sur les propositions originales.
Et qui sait, peut-être aussi que chez A24 et Blumhouse, on a un plus petit grand comité d’experts et de «marketeux» qui débattent du pourquoi et du comment d’un film. On laisse peut-être plus la créativité aux créateurs et créatrices. Je peux me tromper, mais je parierais mon amulette de protection là-dessus.
En tant que disciple de la secte des films d’horreur, gros ou petit budget, je nous souhaite les meilleurs frissons qui soient. Je veux ressortir du cinéma avec un léger sentiment de malaise et d’inconfort comme celui que m’a procuré Obsession. WOUHHHAAAAA !!!
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