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Les «vieux démons» libéraux ne sont jamais bien loin

La stratégie des libéraux de Charles Milliard s’avère difficile à comprendre, tant au niveau des principes que de la stratégie politique.

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Chronique Jean-François Daoust | «Les «vieux démons» libéraux ne sont jamais bien loin» (Image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info) Chronique Jean-François Daoust | «Les «vieux démons» libéraux ne sont jamais bien loin» (Image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info) (La Presse canadienne)

Une mise en demeure en politique et sûrement, vous pensez à Donald Trump, qui tente une fois de plus de museler ses adversaires? Et non, c’est plutôt le Parti libéral du Québec et Charles Milliard qui mettent en demeure le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.

C’est d’ailleurs la quatrième mise en demeure de libéraux notoires en quelques mois. Sans être une habitude, cette façon de faire semble devenir monnaie courante chez les libéraux.

Cette stratégie du PLQ de Charles Milliard est très difficile à comprendre, tant au niveau des principes que de la stratégie politique.

PLQ et «crime organisé»: Charles Milliard met en demeure PSPP Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, et le président du parti, Rafael Primeau-Ferraro, ont annoncé samedi en conférence de presse à Montréal que le parti a mis en demeure le chef du Parti québécois (PQ), Paul Saint-Pierre Plamondon.

Sur les principes

Rappelons les faits:

  • L’Unité permanente anticorruption du Québec (l’UPAC) enquête actuellement sur le Parti libéral du Québec. Il y a nécessairement des soupçons d’activités criminelles.
  • Le Directeur général des élections enquête également.
  • La Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a sévèrement blâmé la députée de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier, élue sous la bannière libérale en 2022. Pour la première fois dans l’histoire de l’Assemblée nationale, l’institution a mis à l’amende une députée (8 000 $) pour ses gestes.

Ceci ne concerne que la récente période, mais il y a également eu d’autres déboires éthiques dans l’histoire pas si lointaine au PLQ. Pensons au ministre libéral Tony Tomassi sous Jean Charest, déclaré coupable de fraude envers le gouvernement.

Certains ont parlé des enjeux éthiques comme des « vieux démons » du PLQ. Démons, oui, mais vieux, pas tant que ça. La course à la chefferie a eu lieu en 2025. Course durant laquelle Tony Tomassi, toujours le même ministre déchu coupable pour fraude, était actif !

Franchement, dans ce contexte, il me paraît tout à fait raisonnable de s’attendre à ce que des questions sur l’éthique soient posées.

Et il semble autant plus raisonnable de s’attendre du PLQ et de Charles Milliard qu’ils répondent à ces questions.

Je ne dis pas que le PLQ est actuellement corrompu. Ni Charles Milliard. D’ailleurs, personne ne dit cela.

Mais on ne peut pas nier des faits, dont des blâmes par des personnes objectives (la Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale) et écartés des questions pertinentes pour le bien public. Surtout qu’il s’agit d’un thème (l’intégrité) qui est clé pour que l’électorat fasse un choix électoral informé.

Mise en demeure contre lui: PSPP réplique à Charles Milliard Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon a réitéré dimanche qu'il ne compte pas rétracter ses propos à propos du PLQ alors que le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a transmis une mise en demeure au chef péquiste.

Sur les conséquences politiques

La mise en demeure forcera l’agenda médiatique à parler davantage du thème de l’éthique, de l’intégrité et de la corruption.

Si le passé est garant du futur, ce n’est pas une bonne nouvelle pour les libéraux.

Comme illustré dans notre récent ouvrage Une décennie de turbulences électorales au Québec (2012-2022), le PLQ est désavantagé lorsque l’éthique devient un enjeu important.

En effet, lors de l’élection de 2012, les libéraux recevaient 31% des votes totaux, mais seulement 4% d’appui chez les électeurs priorisant les enjeux éthiques. En 2014, ils ont obtenu près de 41% au total, mais seulement 15% chez les mêmes électeurs accordant une importance claire aux enjeux éthiques.

Autrement dit, les électeurs qui considèrent les enjeux éthiques importants sont nettement moins susceptibles d’appuyer le PLQ. La stratégie libérale est donc d’éviter de rendre cet enjeu saillant.

Le leadership actuel du PLQ, Charles Milliard en tête, fait tout le contraire.

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Jean-François Daoust

Jean-François Daoust

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Professeur de science politique