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Les blés d’Inde et les millions

Est-il préférable pour les politiciens de faire du terrain, ou est-il utile de faire des annonces plus denses en contenus?

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Chronique Antonine Yaccarini | «Les blés d’Inde et les millions» Chronique Antonine Yaccarini | «Les blés d’Inde et les millions» (Montage Noovo Info | La Presse canadienne)

En cet été préélectoral, les partis choisissent leur stratégie pour bien jouer leurs cartes durant les mois estivaux. Vaut-il mieux se reposer et garder ses énergies pour la vraie campagne? Ou au contraire, dans un contexte électoral où tout est possible, les chefs doivent-ils utiliser chaque journée de façon optimale?

Et encore là, qu’est-ce qu’une bonne utilisation de son temps durant l’été? Est-il préférable de faire du terrain et courir les épluchettes, ou est-il utile de faire des annonces plus denses en contenus?

Traditionnellement, l’été c’est fait pour jouer. Les élus vont courir les festivals, les épluchettes de blé d’Inde et les bains de foule dans les marchés publics. D’abord, ils et elles veulent profiter de cette saison pour se rattraper un peu auprès des citoyens de la circonscription et pour faire du terrain alors que l’Assemblée nationale fait relâche.

Les gens sont-ils à l’écoute?

De toute façon, les gens sont moins à l’écoute entre la Fête nationale et la mi-août environ. On essaie donc d’éviter les interventions médiatiques «lourdes», sur des enjeux plus complexes. Outre les figures imposées par la journée des déménagements, les feux de forêt ou des enjeux d’actualité qu’on n’a pas vu venir.

Mais un été pré-campagne est évidemment un peu différent. Et cet été électoral tout particulièrement, puisque la campagne électorale est spécialement imprévisible.

De plus, l’arrivée d’une nouvelle cheffe de la CAQ qui devenait du même souffle première ministre du Québec ajoute à l’intensité de la pré-campagne. Christine Fréchette veut profiter de son rôle de première ministre (et des deniers publics) jusqu’à la dernière goutte.

Vers les élections: Christine Fréchette s'entretient avec Noovo Info La CAQ a une «voie de passage» claire pour être reconduite au pouvoir en octobre prochain, estime la première ministre Christine Fréchette, qui est convaincue que la querelle référendaire entre le PQ et le PLQ ne plait pas du tout au Québécois. Entrevue avec Marie-Christine Bergeron.

Dépense d’État ou dépenses électorale?

Christine Fréchette ne se gêne pas pour multiplier les annonces depuis son arrivée à la tête de la CAQ. Tous les gouvernements profitent un peu de l’accès aux deniers publics pour gagner des votes, rien de nouveau sous le soleil. Mais son désir de remonter de quelques points dans les sondages, de remplir ses promesses de chefferie, et de se démarquer de François Legault sont des facteurs qui militent encore davantage pour des dépenses qui mélangent un peu les genres…

Comme toujours, les partis adversaires dénoncent, le parti au pouvoir profite. Mais la cheffe caquiste doit être prudente… on ressent une écoeurantite des électeurs face à la CAQ. Elle devra donc trouver le délicat équilibre pour ne pas que son hyperactivité et ses dépenses se retournent contre elle.

Les autres partis sont plus tranquilles

Du côté du PQ, du PLQ et de QS, on annonce les candidatures mais on limite les sorties dites «de contenu». Les annonces de candidatures vont bon train, et on évite la surexposition… laissant tout l’espace à la CAQ.

Éric Duhaime a réussi un bon coup estival en demandant un débat des chefs à Québec pour la campagne de cet automne. Tous les partis ont suivi le mouvement, et Radio-Canada a finalement annoncé que leur émission spéciale «cinq chefs, une élection» serait tournée à Québec. Duhaime n’est pas satisfait, pourtant il aurait pu étiqueter la décision de Radio-Canada comme étant SON gain. Mais bref, c’est le genre de bon coup estival qui lui permet de rester à l’avant plan sans brûler prématurément ses annonces de campagne.

Sommet sur l’itinérance: Éric Duhaime appuie-t-il la démarche de Fréchette? Entrevue avec le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, où il parle notamment de l’enjeu de l’itinérance.

La campagne électorale sera enlevante, la cheffe caquiste doit faire attention de ne pas brûler ses cartouches et être surexposée si elle veut gagner son pari. Et à partir des vacances de la construction, les annonces gouvernementales devront cesser. Il n’y a pas de loi formelle qui encadre ça jusqu’au déclenchement officiel à la fin août, mais c’est un risque éthique qui pourrait lui coûter cher.

À partir de la mi-juillet, c’est le temps de passer aux festivals et aux épluchettes. On troque les millions pour un épi et on s’en va serrer des mains.

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