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Les absences de Mark Carney

Mark Carney a été présent pendant 27 % des 123 périodes de questions qui ont eu lieu depuis qu’il a été élu. 27 % ! On est loin d’une majorité claire…

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Chronique Antonine Yaccarini | «Les absences de Mark Carney» (Image tirée de La Presse canadienne) Chronique Antonine Yaccarini | «Les absences de Mark Carney» (Image tirée de La Presse canadienne) (La Presse canadienne)

Le premier ministre Carney semble trouver toujours mieux à faire que de prendre 45 minutes de sa journée, lorsque le Parlement siège, pour répondre aux questions de l’opposition. Certes, on peut comprendre qu’il ait du pain sur la planche, mais nous ne devons pas accepter de voir ainsi des pans de notre démocratie être escamotés par un premier ministre. Ce climat de non-imputabilité nous coûte cher.

Selon les données compilées par David Akin de Global, Mark Carney a été présent pendant 27 % des 123 périodes de questions qui ont eu lieu depuis qu’il a été élu. 27 % ! On est loin d’une majorité claire…

Justin Trudeau lui, était présent 41,5 % du temps. Ce n’est pas génial, mais il avait pris l’habitude de répondre à toutes les questions le mercredi. Quant à Stephen Harper, il y était 65 % du temps. La tendance est donc claire: c’est de pis en pis.

La période de questions, ce n’est peut-être pas ce que les premiers ministres préfèrent faire, mais c’est le moment des oppositions, un exercice de reddition de compte et un pan important de notre démocratie.

Carney reconnaît les «faiblesses» de l’économie, sans utiliser le terme «récession» Alors que le Canada est entré en récession technique la semaine dernière, le premier ministre Mark Carney a reconnu les faiblesses de l’économie, il a défendu mardi le programme économique du gouvernement fédéral et n’a pas utilisé le mot «récession»

Un mauvais spectacle?

Certains libéraux vous diront que la période de questions est un mauvais spectacle et que la stratégie de Pierre Poilievre, qui consiste à répéter les mêmes questions encore et encore, est ennuyante et n’apporte pas grande chose au débat public.

Certes, les conservateurs pourraient poser de meilleures questions, moins répétitives, peut-être moins partisanes également, mais il demeure que ce n’est pas une raison.

M. Carney pourrait décider de s’élever et de parler aux Canadiens. C’est tellement évident que ça ne l’intéresse pas, il ne fait même pas semblant.

Peut-être vous direz-vous « M. Carney voyage beaucoup, il doit certainement être dans des rencontres internationales lorsqu’il manque des périodes de questions ! ». Et bien détrompez-vous, la plupart du temps, il se trouve à Ottawa, parfois même dans son bureau, à quelques mètres des faits.

Le 7 mai dernier, il a manqué la période de questions pour… rencontrer « Sa Majesté Royale la princesse Margriet des Pays-Bas ». Ceci n’est pas une blague.

Redonner ses lettres de noblesse à l’exercice

En dehors de la partisanerie parfois à outrance du PCC, et du désintérêt complet du premier ministre pour cet exercice de reddition de compte, le format même serait à revoir.

Le format actuel pousse à la partisanerie et aux réponses vides. Il ne favorise pas d’aller au fond des enjeux.

D’abord, il y a trop de questions et les temps de parole sont trop courts.

À Québec comme à Ottawa, la période de questions dure 45 minutes. En moyenne, on pose neuf questions à l’Assemblée nationale, alors qu’on en pose plus du double aux Communes. Résultat : on effleure les enjeux, de trente secondes en trente secondes.

Ensuite, on ne devrait pas accepter les non-réponses. Les slogans et les phrases creuses ne sont pas des réponses. Je dois avouer qu’encore une fois, lorsqu’on compare Québec et Ottawa, les répercussions de ne pas répondre sont plus grandes à Québec. Les médias jouent un rôle important dans cet aspect.

Finalement, on devrait y abolir les applaudissements. J’avoue que lorsque l’Assemblée nationale avait mis fin aux applaudissements, je ne trouvais pas que c’était une grande priorité qui allait changer la vie des gens. Mais force est de constater que le format des activités parlementaires a un impact. Depuis que l’on applaudit plus à Québec, on perd moins de temps, on cherche moins les effets de toge. On est « tout nus », et ça pousse à répondre.

Le premier ministre Mark Carney tient-il ses promesses? Un outil répond à la question Le saviez-vous? Un outil permet de suivre les promesses et les réalisations des politiciens, dont celles du premier ministre du Canada, Mark Carney.

On en a soupé d’entendre Steven McKinon qui crie BRAVO ! et IL A RAISON ! à chaque fois que Mark Carney «répond» à une question de l’opposition. Je suis également prête à sacrifier les «C’EST UN SCANDALE» de Jacques Gourde.

On veut des réponses. On veut de l’imputabilité.

Et si on augmente cette imputabilité, alors peut-être pourrons-nous réduire le nombre de fiascos et de dépenses inutiles. Peut-être serions-nous capables d’éviter des CURAM, peut-être serions-nous capables de régler la question des chauffeurs inc. qui rendent nos routes dangereuses.

Et tout ça commence par un premier ministre qui respecte les institutions et la démocratie et qui comprend que lorsqu’on répond aux oppositions ou aux médias, c’est aux citoyens qu’on répond.

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