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Le pouvoir du midi

C’est septembre et les ados ont repris le chemin vers leur nouveau casier de l’année.

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Chronique Alex Perron | «Le pouvoir du midi» (Montage Noovo Info et image tirée de la banque Envato) Chronique Alex Perron | «Le pouvoir du midi» (Montage Noovo Info et image tirée de la banque Envato) (Montage Noovo Info | Envato)

Mon texte de cette semaine ne vous apprendra rien. Mais, je pense que dans un contexte de diète financière scolaire où on dégraisse un peu dans tout, il est bon de faire un petit rappel.

C’est septembre et les ados ont repris le chemin vers leur nouveau casier de l’année. Certains un peu plus lentement que d’autres, mais ce n’est pas grave, tant qu’on avance.

Outre le stress du nouvel horaire, les nouveaux profs, les nouvelles matières et les nouveaux compagnons de classe, il y a les activités parascolaires.

Cette petite oasis qui se déroule généralement à la pause du midi et parfois après les classes. Ce moment qu’on a choisi. Qui ne nous est pas imposé. Qui n’est pas une matière scolaire dans le trajet prévu par le ministère de l’Éducation.

Une activité qui peut prendre plusieurs formes. Elle peut être artistique, sportive ou intellectuelle. On s’en fout. Pourvu que ça nous fasse plaisir du bien.

Les math 532, la bio et l’anglais langue seconde, c’est important, mais ce n’est pas là où on développe le plus notre personnalité, qu’on découvre qui on est. Où l’on se forge des amitiés qui n’ont rien à voir avec un devoir en équipe imposé. C’est dans le parascolaire.

Rien de mieux qu’une équipe de basket ou une équipe d’impro pour se développer de nouveaux talents. Éprouver de la fierté envers soi. Faire face à des défis. Apprendre à vivre et gérer nos échecs et nos déceptions. Dépasser ses limites. Se responsabiliser. S’impliquer. Prendre un char et une barge de maturité. Avoir le sens de l’organisation pour jongler entre le para et le vrai scolaire. Être au diapason avec d’autres jeunes qui tripent sur la même affaire que nous. Ce fameux sentiment d’appartenance qui est si important à l’adolescence. Maudit que c’est le fun.

Si je suis la personne que je suis aujourd’hui et que je pratique mon métier, c’est en partie grâce aux activités parascolaires. L’impro m’a appris que je pouvais faire rire des inconnus. Qu’avec une équipe soudée, on va pas mal plus loin.

Le théâtre m’a montré que je pouvais jouer une histoire et que j’aimais être sur une scène. J’ai été président de ma classe de secondaire 1 à 5. J’étais impliqué dans ce comité avec la même fougue qu’un ministre d’État. Je voulais dire ce que je pensais. Je voulais changer des choses (à petite échelle bien sûr, mais qui à l’époque, me semblait un grand pas pour la vie étudiante).

Pour ou contre interdire la sélection des élèves dans des programmes particuliers à l’école publique? Nos débatteurs : Alain Rayes, Déborah Cherenfant, Maude Goyer et Victor Henriquez.

J’ai découvert que j’avais une tête de cochon et que lorsqu’on exposait nous arguments comme du monde aux adultes, ça se pouvait qu’on obtienne ce que l’on voulait. Ou pas. Mais ce n’est pas grave. Ça m’apprenait la persévérance et aussi le lâchez prise.

Je n’allais jamais dîner chez moi. J’avais toujours une activité prévue à l’horaire. Ça m’a donc permis de développer aussi mes capacités à faire des lunchs. Parce que ma mère en faisait trois sur cinq. Je devais me gosser les deux autres. Un apprentissage de plus.

Je sais bien que les temps sont durs partout. Que c’est plus important d’avoir une ventilation saine dans une école qu’une chorale. Que des manuels de chimie, c’est plus la priorité qu’un filet de volley-ball.

Mais n’empêche qu’on ne devrait pas avoir à choisir entre les deux.

Peut-être que c’est le cours de fusain de madame Mireille qui va faire en sorte que Mathias ne va pas décrocher de l’école parce que le temps d’un midi, il peut laisser aller son imagination, éprouver du plaisir et réussir quelque chose qui n’est pas une formule mathématique.

Peut-être que le journal étudiant est en train de donner le goût à Marguerite d’être une prochaine cheffe d’antenne d’un bulletin de nouvelles web.

Je crois que c’est la responsabilité des écoles d’offrir le plus d’activités parascolaires possible. Parce que c’est aussi important, valorisant et porteur d’avenir que de réussir ses mathématiques fortes.

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