Le «mystère Québec» pourrait faire un retour en force avec les prochaines élections québécoises.
La région de Québec est souvent considérée comme un mystère en politique. On parle le plus souvent du «mystère Québec» pour décrire le fait que la région vote davantage pour des partis de droite, sans qu’on ait d’explication particulièrement satisfaisante de cette différence d’avec le reste du Québec.
Une exagération du mystère
D’abord, il faut dire qu’on exagère souvent l’ampleur du mystère, ou du moins son application.
Dans un article publié à la Revue canadienne de science politique, j’ai démontré avec Thomas Gareau-Paquette que la région de Québec (la région de la Capitale-Nationale) n’était pas systématiquement différente du reste du Québec. C’est plutôt seulement la région de Chaudière-Appalaches qui se distingue des autres.
Il faut donc bien faire attention à ce qu’on inclut ou non dans la région de Québec.
2026: le retour du «mystère Québec»?
Malgré l’exagération fréquente, Québec se démarque bel et bien parfois par son choix électoral plus à droite que le reste du Québec. Pensons à la percée conservatrice de Stephen Harper en 2006 au fédéral ou aux bonnes années de l’ADQ (dont l’élection québécoise de 2007).
Néanmoins, les deux dernières élections, en 2018 et 2022, n’ont pas été marquantes à cet égard: la CAQ a dominé tant sur la scène nationale qu’à Québec. Même si le Parti conservateur du Québec était plus fort dans la région de Québec qu’ailleurs, il n’avait pas de chances de faire une réelle percée.
Les choses sont différentes en 2026, alors que les conservateurs feront vraisemblablement des gains dans la région de Chaudière-Appalaches et seront très compétitifs dans la région de Québec, où il pourrait gagner plus d’un siège.
Ces résultats, plausibles, mais bien incertains considérant que le Parti Québécois est également très compétitif dans la région, réanimeraient le «mystère Québec».
Le fait que le Parti libéral du Québec fasse un score risible dans la région de Québec en dit long sur son appui chez les francophones. De plus, cela renforce l’idée que le parti n’a pas réussi sa «dé-montréalisation».
Dans un contexte où le Parti Québécois n’a pas de majorité claire en poche pour l’instant, la région de Québec pourrait jouer un rôle majeur. À défaut de faire changer le résultat quant au gagnant des élections, elle pourrait dicter le statut du gouvernement (majoritaire ou minoritaire).
Comment l’expliquer?
Il y a près d’une décennie, j’avais publié dans la revue académique Politique et Sociétés un article avec une explication en isolant le rôle des moins bien nantis de la région de Québec: contrairement au reste du Québec, il n’y a pas de classe pauvre qui serait économiquement plus à gauche dans la région de Québec.
Autrement dit, les riches sont plus à droite dans la région de Québec, comme dans le reste du Québec, mais, contrairement à ce qu’on observe en général, les plus pauvres ne sont pas plus à gauche.
Reste à voir si cette explication a pris beaucoup de rides ou non avec des données plus récentes.
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