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Juin arc-en-ciel

« Pourquoi un mois? C’est ben trop long. » C’est vrai que c’est long, mais parfois, ça prend plus qu’une journée pour se faire entendre.

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Chronique Alex Perron | «Juin arc-en-ciel» (Image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info) Chronique Alex Perron | «Juin arc-en-ciel» (Image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info) (La Presse canadienne)

Ben oui, je le sais. Encore ce mois de la fierté arc-en-ciel partout dans le monde. Ce mois qui célèbre la diversité dans toute sa panoplie de couleurs criardes. Un mois de revendication. Un mois pour faire changer les choses. Un mois pour améliorer les choses. Un mois pour la justice. Un mois pour festoyer. Un mois pour s’aimer devant tous. Un mois pour être qui on veut. Un mois pour briser les tabous. Un mois pour shiner comme une grosse étoile.

Dans ce papier, j’avais envie de tenter des réponses aux questions les plus populaires qui reviennent sans fin chaque année comme un hamster qui spine dans la roue. Bien entendu, je suis loin d’avoir la science infuse. C’est simplement le fruit de mon expérience et ma vision de la patente.

«Pourquoi un mois ? C’est ben trop long.» C’est vrai que c’est long. Mais parfois, ça prend plus qu’une journée pour se faire entendre et nettoyer les grains de sable dans l’engrenage. En même temps, j’ai envie de te dire que tu n’es pas obligé de t’en préoccuper tout le mois.

En ce moment la terre entière nous propose une panoplie d’enjeux cruciaux, varie ton centre d’informations. Y’a ben un mois de la nutrition et je ne mets pas pour autant à manger de la salade et du tofu tous les jours. Mais ça s’peut que ça me sensibilise à ajouter une portion de fruits de plus par semaine dans mon sac de chips.

«Pourquoi faire un coming-out? Ce qui se passe dans la chambre à coucher, ça ne nous regarde pas». Premièrement, le coming-out ne se réduit pas à la seule notion de couchette. Faire son coming-out, c’est dire qui on est. En partie. On n’est pas qu’homosexuel, on est ben d’autre chose. Mais on est ça aussi. Ça définit une grande partie de qui nous sommes. Je pense qu’encore aujourd’hui le coming-out fait du bien parce qu’il montre aux jeunes et moins jeunes qui se questionnent que tout est possible. Que la vie ne s’arrête pas quand tu découvres ta différence. Est-ce que le coming-out est une obligation ? Pantoute. C’est libre à chacun. Pas de jugement non plus sur le fait de le faire ou pas. Mais je crois que plus on le dira, plus être différent deviendra banal au sens où ça ne créera plus de remous autour de nous. Une partie de l’acceptation passe par la banalisation.

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« On vous voit partout. » J’espère bien qu’on nous voit partout. Qu’on nous entend partout. Et attention, on ne prend pas la place de personne. On prend seulement celle qui nous revient. Les hétéros, ça fait des millénaires qu’on vous entend et qu’on vous voit partout. Que vous vous exposez. Est-ce qu’on vous demande de disparaître ? De vous taire ?

Pantoute!

Il y a assez de place pour que tout le monde ait son mot à dire. Laisser de la place, ce n’est pas menaçant, c’est juste trouver un juste équilibre. L’idée, c’est de pouvoir discuter tout le monde ensemble.

La vie est courte. La vie nous envoie son lot de tempêtes à chacun. La vie est chemin de Compostelle en montagnes russes, alors je pense qu’on peut se donner un break entre nous. Laissons-nous être qui nous voulons être.

Que je sois gai, ça ne t’enlève rien à toi. Ça ne siphonne pas ton oxygène. Ça ne s’attrape pas. Et au fond, mis à part nos choix de partenaires, on est tous pareil. Y’a pas de différence. On est tous des êtres humains qui tentent de faire de leur mieux avec le bagage qu’on a et qu’on accumule au fil du temps.

Mais bon, si, au final, je te dérange tant que ça et que ça ne te tente pas de m’accepter, je peux vivre avec ça. Mais ne demande pas que je n’existe pas, fais juste passer ton chemin.

Amour universel pour tous. Santé.

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