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Je hais le «small talk»! Est-ce grave?

Je trouve ça plate, forcé, vide. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un d’égoïste, de distant, de bizarre?

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Chronique Maude Goyer | «Je hais le «small talk»! Est-ce grave?» (Montage Noovo Info | Envato) Chronique Maude Goyer | «Je hais le «small talk»! Est-ce grave?» (Montage Noovo Info | Envato)

Je le dis d’entrée de jeu: je hais le small talk. Je trouve ça plate, forcé, vide. Est-ce mal? Est-ce que ça fait de moi quelqu’un d’égoïste, de distant, de bizarre? Faut-il s’y astreindre et si oui, au nom de quoi?

Je sais que je ne suis pas la seule. Je ne suis pas la seule à soupirer (intérieurement) devant les «t’as vu la météo pour demain?», «beau week-end?», «tu es dans quel domaine?» et autres questions posées par réflexe.

Ça me semble parfois interminable. Je préférerais sauter immédiatement à la partie intéressante.

Parce que oui, j’aime les gens. J’aime parler, j’aime poser des questions, j’aime les histoires. Et je pose beaucoup de questions (déformation professionnelle).

Mais avant tout ça, il y a un os: le small talk. Il est nécessaire et incontournable.

C’est la porte d’entrée. Le small talk est un liant social, ce qui permet d’entrer en relation et en communication. Avez-vous déjà remarqué: quelqu’un qui manie l’art du small talk est quelqu’un d’agréable!

Dans une soirée, en solo, il papillonne et il n’est jamais pris au dépourvu.

Banalités et performance

Ceci dit, on peut exceller en small talk et ne pas aimer cela.

Moi, souvent, j’ai envie de sauter cette partie. Je préfère (de loin) passer deux heures à discuter avec une seule personne – ça me semble presque automatiquement plus intéressant, plus sincère, plus senti.

Je suis en quête d’authenticité et plus je vieillis, pire c’est. Tout ce qui touche de près ou de loin aux faux-semblants, aux remplissages d’espace, à la précipitation, aux banalités ne m’intéresse pas. Je dirais même: ça m’épuise.

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J’imagine qu’il y a des raisons à cela.

Le small talk peut donner l’impression d’être une performance. Une danse sociale avec des codes implicites: tu poses une question, je réponds, je te retourne la question, il faut s’y intéresser, et relancer.

Pour certaines personnes, surtout celles qui sont introverties ou qui aiment la profondeur, c’est énergivore. Ça peut donner l’impression de dépenser beaucoup… pour pas grand-chose.

Le virus de la superficialité

Et puis, il y a un virus qui semble atteindre une partie de la population: la superficialité. Je suis allergique aux conversations superficielles, scriptées, dans lesquelles on évite la profondeur, la réflexion, les émotions, les sujets plus vrais et plus complexes.

C’est comme si on acceptait d’entrer en relation sans se dévoiler, qu’on restait en surface pour éviter de se mouiller. Ça sert à quoi?

Une recherche de l’Université de l’Arizona démontre que les personnes qui fuient les conversations superficielles ne sont pas moins sociales – elles sont simplement plus sélectives.

Elles cherchent plus de sens, de connexion, de substance. Cela peut être jugé snob ou distant… mais c’est souvent une quête de quelque chose de plus significatif. Les chercheurs avancent d’ailleurs que les conversations plus substantielles sont associées à un plus grand bien-être.

Fonction essentielle

Si ce n’est pas mal de ne pas aimer le small talk, il faut tout de même avouer qu’elles ont une fonction essentielle. Elles ne sont pas que du bruit: elles font aussi partie d’un rituel social, d’une façon d’entrer en contact, de tester le terrain, un peu comme si on disait «je suis ouverte, je suis bienveillante, tu peux approcher».

C’est un peu comme frapper à la porte avant d’entrer.

Et même si cela peut sembler banal, ces petites interactions ont un impact. Elles rendent les rencontres plus humaines, elles créent un sentiment d’appartenance, elles réduisent l’anxiété, elles créent une ambiance plus détendue, plus amicale.

Un échange simple fait du bien, à soi comme à l’autre.

J’essaie donc de trouver un équilibre. Chercher l’essentiel en ne décrochant pas directement du small talk. Car si on coupe trop vite, on se coupe aussi de nouvelles rencontres et de possibilités.

Au lieu de fuir le small talk, j’essaie de le transformer. Sortir au grand galop du superficiel pour filer vers quelque chose de plus riche, de plus authentique.

Au fond, le problème, ce n’est pas le small talk. C’est de penser que c’est la finalité alors que ce n’est censé qu’être le début.

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