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Et si le Québec était gouverné par une coalition?

Faisons ensemble un petit exercice de politique fiction.

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Chronique Antonine Yaccarini | «Et si le Québec était gouverné par une coalition?» (Images tirées de La Presse canadienne) Chronique Antonine Yaccarini | «Et si le Québec était gouverné par une coalition?» (Images tirées de La Presse canadienne) (Montage Noovo Info | La Presse canadienne)

Je ne parle pas de la Coalition avenir Québec, mais bien d’une coalition entre plusieurs partis. Faisons ensemble un petit exercice de politique fiction. En effet, l’élection actuelle est à la fois très imprévisible et comprend un nombre record de partis politiques pouvant aspirer à faire élire des députés. J’avais envie de me pencher avec vous sur un scénario possible, mais rare : un gouvernement de coalition.

Les projections actuelles de Qc125 (au moment d’écrire ces lignes) nous font miroiter une distribution de sièges très morcelée.

  • Le PQ est projeté entre 32 et 71 sièges. Il est à noter que le PQ peut aspirer à une majorité, qui requiert 64 sièges sur 127, avec les sondages actuels. 
  • Le PLQ est projeté entre 25 et 37
  • La CAQ entre 7 et 47
  • Le PCQ entre 6 et 16
  • QS entre 3 et 11.

Qu’en est-il de la dynamique et des tendances? Le Parti Québécois semble solide avec des intentions de vote qui tournent autour de 30% depuis un petit moment déjà.

Le Parti libéral n’a pas eu un départ canon, mais peut compter sur une série de châteaux forts, dû à la concentration de son vote.

La CAQ a connu une remontée, la rendant de nouveau une option possible pour les électeurs.

La CAQ ne cesse de remonter dans les sondages: pourquoi? La Coalition avenir Québec (CAQ) poursuit sa remontée dans les sondages, comment peut-on expliquer un tel phénomène?

Le Parti conservateur peut quant à lui compter sur des intentions de vote concentrées dans la région de Québec et en Chaudière-Appalaches qui laissent croire qu’il aura une cohorte de députés le 5 octobre prochain.

QS ferme la marche, nous verrons si le parti réussira à conserver quelques acquis.

Tout ça pointerait vers un gouvernement minoritaire. Le scénario le plus probable à l’heure actuelle est un gouvernement péquiste minoritaire. Le deuxième scénario le plus probable est un gouvernement caquiste minoritaire.

Alliance ou coalition?

Les partis élus préfèrent généralement les alliances ponctuelles ou formelles (comme le PLC et le NPD entre 2021 et 2024 au palier fédéral) plutôt qu’un gouvernement de coalition formel qui ferait en sorte que des ministres seraient issus de plusieurs partis.

Dans un contexte de crise tarifaire, est-ce que le parti qui remporterait le plus grand nombre de sièges, mais cela sans avoir réussi à ravir une majorité pourrait souhaiter offrir davantage de stabilité aux Québécois?

Les alliances ponctuelles sont dures à gérer, chaque vote fait l’objet d’une négociation et chaque vote de confiance met le gouvernement à risque de tomber.

De l’autre côté, nous n’avons pas d’expérience récente en matière de négociation d’une véritable coalition. Les électeurs tout comme les partis n’y sont pas habitués.

Scénarios

Si la CAQ obtenait le plus grand nombre de sièges sans majorité, il est assez probable que celle-ci trouverait une façon d’obtenir la confiance de la chambre, pour un moment du moins.

Imaginons maintenant que le PQ remporte le plus de sièges, mais sans majorité.

La Lieutenante-gouverneure (LG) demanderait probablement à la première ministre sortante de former un gouvernement. Car il faut rappeler que tant qu’elle n’a pas démissionné, elle demeure première ministre. Lors du dernier scrutin sans majorité, Jean Charest avait été battu dans son comté et avait annoncé son départ le soir même, excluant d’emblée une tentative de former un gouvernement.

Mme Fréchette pourrait convoquer l’Assemblée nationale et tenter d’obtenir la confiance d’une majorité de députés, avec l’aide d’une coalition ou d’une alliance plus ou moins formelle.

Est-ce qu’une CAQ minoritaire pourrait par exemple négocier une alliance ou une coalition avec le PLQ ou avec le PCQ? Cette seule question ferait sans doute l’objet de désaccord à l’interne!

Élections provinciales: les partis parlent-ils des vrais enjeux? Noovo Info s’est notamment demandé quel était l’intérêt des électeurs en ce moment, quelles étaient les priorités des citoyens et si, selon eux, les différents partis en parlent suffisamment.

Si elle échouait, la LG se tournerait ensuite vers le parti ayant remporté le plus grand nombre de sièges, le PQ, pour former un gouvernement reposant sur la confiance d’une majorité de députés.

Pourrait-on avoir, par exemple, une coalition PQ-PCQ? Duhaime et PSPP se sont montrés assez complices durant la campagne, mais ils demeurent assez éloignés sur certains enjeux, par exemple le troisième lien.

Pour l’instant, tout cela demeure de la politique fiction. Il reste plusieurs semaines de campagne et les intentions de vote peuvent bouger.

Mais gageons que les chefs des partis qui peuvent aspirer à la victoire risquent de lancer des appels au vote pour leur donner une majorité et nous demander, à l’instar de Jean Charest en 2008, d’avoir «les deux mains sur le volant»! Car une majorité leur éviterait tout ce que je viens de décrire dans cette chronique.

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