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Elon Musk, agent du chaos

Si, manifestement embêté, le premier ministre désigné passe l’appui du méga milliardaire sous silence, les chroniqueurs Bock-Côté et Villemure feront, pour leur part, l’inverse.

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Musk chronique (The Associated Press)

Donc, Elon Musk se réjouit de l’élection des troupes de Paul St-Pierre-Plamondon, précisant qu’il serait «génial que ce dernier mette sur pied le gouvernement le plus anti-woke de l’histoire». Jamais en reste de conseils non sollicités, il renchérit à l’effet que «le Québec devrait se séparer, que les Québécois s’en porteraient mieux».

Idem, dit-il, pour les Albertains et Saskatchewanais, et probablement aussi, s’il avait pris le temps d’y penser, pour les citoyens de Saint-Louis-du-Ha ! Ha!, Vulcan et Climax (oui, de vrais noms, juré).

Si, manifestement embêté, le premier ministre désigné passe l’appui du méga milliardaire sous silence, les chroniqueurs Bock-Côté et Villemure feront, pour leur part, l’inverse.

Le premier, d’abord: «Pourquoi devrions-nous nous désoler que l’homme le plus riche du monde, qui n’est pas exactement un abruti, quoi qu’on pense de ses idées, juge favorablement la possibilité que notre peuple se gouverne par lui-même ?»

Tandis que le second affirme : « Il y a comme un gros malaise. En fait, on dirait qu’une certaine gauche a gagné la bataille culturelle sur cette question-là. Et l’homme qui a inventé Tesla, l’homme qui veut envoyer l’homme sur Mars, l’homme qui a inventé PayPal, s’est rendu que d’avoir son soutien, c’est la pire affaire qui puisse exister sur la Terre. »

Sciemment ou non, le duo passe spectaculairement à côté de l’essentiel : la croisade, assumée et opiniâtre, du Sud-Africain pour une transformation de la géopolitique ambiante. Ses armes de prédilection ? D’inépuisables réserves de fric, un réseau social versé dans la propagande à temps plein, et une machinerie d’intelligence artificielle, Grok, assurément huilée.

Ajoutons à ceci une richissime brochette de politiciens-valetailles, et nous voilà en présence d’une recette classique, sauce technologique 2026, afin de déstabiliser les démocraties occidentales.

L’ingénierie du chaos, donc, à titre d’ultime dessein.

Suffit, pour preuves directes ou circonstancielles, de jeter un œil aux cautions partisanes accordées par l’enfant terrible, tel que recensé par Global Project Against Hate and Extremism.

Il appuie ainsi publiquement — attention, c’est laid — les bêtes suivantes:

  • L’AfD, parti d’extrême droite flirtant avec le nazisme, que Musk a qualifié de « seul sauveur pour l’Allemagne. », multipliant les lettres d’appuis, les publications et la présence à son congrès. Après une élection historique, en septembre, dans un des länder, le parti le remercie pour son « soutien et sa perspective sur les développements politiques de notre époque ».
  • Le Rassemblement national, parti français d’extrême droite, mené par Marine Le Pen, le « seul espoir de la France ».
  • Vox, parti espagnol d’extrême droite.
  • Viktor Orban, l’ex-premier ministre illibéral de la Hongrie, dont la récente défaite électorale aura été causée, selon Musk, par Georges Soros.
  • Javier Milei, président d’extrême droite d’Argentine.
  • Nayib Bukele, néo-dictateur du Salvador, avec qui Grok aura conclu une entente visant à desservir plus de 5000 écoles publiques dans le pays. Quelques semaines après ladite entente, l’entreprise se fait pincer les culottes baissées pour… porno juvénile.
  • Jair Bolsonaro, président déchu d’extrême droite du Brésil.
  • Successivement Nigel Farage, Tommy Robinson et Rupert Lowe, trois leaders d’extrême droite britanniques, le parti du dernier, Restore Britain, ayant été qualifié par Musk de « seul espoir pour le Royaume-Uni. »
  • Ilias Kasidiaris, ancien porte-parole de Golden Dawn, formation nazie grecque.
  • Donald, bien entendu, pour qui il aura dépensé un faramineux 290 millions de bidou, lors de la présidentielle de 2024, une somme bientôt surpassée (276 millions) par son investissement à même les actuelles élections de mi-mandat.

Question quizz, maintenant: outre l’idéologie, quel dénominateur commun entre Le Pen, Bolsonaro, Robinson, Kasidiaris et Trump? Tous auront été condamnés par leur justice nationale.

Retour, maintenant, en sol québécois, en rassurant les crédules : il n’est pas ici question de suggérer que Plamondon et sa bande s’assimilent aux lascars ci-haut mentionnés. Seulement que s’il est impossible d’empêcher un cœur d’aimer, il est aussi difficile de s’interdire l’évidence : le potentiel déstabilisateur d’un référendum gagnant, a fortiori lorsqu’il est question d’un pays du G7 avec lequel les É.-U. partagent des frontières limitrophes tout en livrant une violente pleine guerre commerciale, est nécessairement d’attrait irrésistible pour un quelconque agent du chaos, particulièrement un mercenaire du pouvoir sans scrupules.

S’en tenir le plus loin possible, en public comme en privé, demeure la meilleure façon de protéger la légitimité de l’option souverainiste.

Même s’il a inventé, dit-on, PayPal.