À moins d’un incroyable revirement de situation, le Parti québécois s’apprête à former le prochain gouvernement. Mais plusieurs questions demeurent et nous amènent à imaginer différents scénarios qui auront un impact énorme sur la politique des prochaines années.
Au moment d’écrire ces lignes, le simulateur électoral Route127 donne une majorité au PQ (73 sièges), une opposition officielle libérale (35 sièges), une cohorte conservatrice assez forte pour être un groupe parlementaire reconnu (13 sièges). Québec solidaire perd des plumes (sept sièges). Et la CAQ serait rayée de la carte (zéro siège). Du côté de Qc125, on est plus prudents et on opte pour des scénarios avec des fourchettes plus larges.
Si le portrait se clarifie tranquillement, les questions qui demeurent en suspens auront un impact important sur une foule d’éléments.
Minoritaire ou majoritaire?
À moins d’un incroyable revirement de situation, le Parti Québécois s’apprête à former le prochain gouvernement. Les sondages de début de semaine le placent aux portes de sa majorité. Cela n’est pas banal, puisque le PQ a promis un référendum dans un premier mandat, promesse qu’il ne pourra réalistement tenir que s’il est majoritaire.
Une majorité peut aussi influencer le sort des autres chefs. En effet, selon la performance du PLQ et la nature du gouvernement péquiste, les libéraux auront un choix à faire : voudront-ils laisser à Charles Milliard le loisir de continuer à reconstruire le parti ? Ou voudront-ils tenter un autre leadership?
Quel sera le poids du PCQ?
Pour Duhaime, dont le leadership n’est pas en danger à court terme, un gouvernement majoritaire lui ferait perdre l’occasion d’être «la balance du pouvoir». Cela signifie moins d’opportunités de faire des alliances et d’aller chercher des gains concrets. Une minorité serait définitivement un tremplin de croissance pour Éric Duhaime, si lui et ses députés réussissent à bien naviguer dans le carcan parlementaire.
La CAQ peut-elle survivre?
Les dernières semaines nous ramènent à cette question : est-ce que la CAQ survivra au départ de son fondateur ? La campagne de Christine Fréchette avait connu un bon départ, elle qui avait réussi à faire de son parti une véritable option quand, quelques mois plus tôt, les projections ne prévoyaient aucun siège.
Mais à partir des débats des chefs, l’Équipe Christine Fréchette s’est retrouvée à la case départ. Les tergiversations sur le référendum et sur l’ingérence américaine sont symptomatiques : les électeurs ont l’impression qu’elle ne montre pas ses vraies couleurs, qu’elle prend des faux-fuyants.
Une première décroissance pour QS?
Québec solidaire n’avait connu que de la croissance entre 2008 et 2022. Cette élection risque d’être la première où QS recule. En effet, avec les sondages actuels, le PQ ravirait assurément un siège à QS (Maurice-Richard, à Montréal), en plus de lui faire une lutte très serrée dans cinq autres circonscriptions (à Québec, à Montréal et à Sherbrooke). Le PLQ pourrait quant à lui, ravir trois circonscriptions solidaires sur l’île de Montréal.
Selon l’issue de cette élection, on pourrait assister à un réalignement important de l’échiquier politique, surtout si la CAQ devait disparaître. Où iront les électeurs nationalistes/autonomiste ? Est-ce que le PLQ ira plus à gauche ou plus à droite ?
L’époque du bipartisme et de l’alternance bleu-rouge est bel et bien derrière nous.
Pour recevoir toutes les chroniques d’Antonine Yaccarini, abonnez-vous à notre infolettre, Les débatteurs du samedi.

