Chroniques

Élections 2026: de quoi ne parle-t-on pas assez?

Beaucoup de promesses, peu de vision

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Élections provinciales 2026: les principaux chefs. (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne) Élections provinciales 2026: les principaux chefs. (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne)

J’ai demandé à mes abonnés sur mes plateformes sociales ce qui manquait à cette campagne électorale. L’environnement. Les écoles. Les CPE. La violence faite aux femmes. Derrière toutes ces réponses, une même inquiétude: l’avenir. Au-delà des promesses du jour, quel Québec les partis veulent-ils vraiment préparer?

On a dépassé la mi-campagne. Dans 18 jours, on vote. Pourtant, plusieurs électeurs cherchent encore leurs priorités dans tout ce qui a été annoncé.

Alors, qu’est-ce qui manque?

«L’écologie.»

«Les changements climatiques.»

«L’état des écoles et des hôpitaux. L’avenir, quoi!»

«La violence faite aux femmes et les féminicides.»

«Les livres dans les écoles.»

«La recherche scientifique et la santé publique.»

À première vue, les préoccupations partent dans toutes les directions. L’environnement, l’éducation, les CPE, l’autisme, la violence conjugale, la recherche, l’état de nos infrastructures.

«Le grand débat des chefs» sur Noovo et Crave: trois moments marquants Le débat électoral animé par Michel Bherer s’est décliné autour de cinq grands thèmes: le coût de la vie, les finances publiques et les infrastructures, l’avenir des jeunes, la santé et l’itinérance ainsi que la protection du français. Voici les faits saillants.

Mais en les relisant, un fil se dessine: ce qu’on néglige aujourd’hui risque de nous rattraper demain.

Le grand absent

L’environnement est de loin le thème qui est revenu le plus souvent.

Pas seulement les changements climatiques, mais notre capacité à nous y adapter. Nos villes sont-elles prêtes pour les pluies diluviennes, les inondations, les chaleurs extrêmes? Qu’arrivera-t-il à nos récoltes, à nos maisons, à notre santé?

Ce ne sont plus des questions théoriques.

Pourtant, l’environnement semble encore traité comme un sujet parmi d’autres. Quelque chose qu’on ajoute à la plateforme lorsqu’il reste de la place.

On parle de réduire la taxe sur l’essence. De relancer l’exploitation du gaz de schiste. De construire, de produire, de consommer. Mais quel Québec voulons-nous habiter dans 10, 20 ou 30 ans?

J’entends peu de réponses.

Un électeur indécis interrogé récemment disait souhaiter un parti moins axé sur les sondages et davantage guidé par les faits, la science et une vision à long terme.

Je pense que c’est exactement ce qui manque.

Avoir une vision, c’est accepter de parler de choix difficiles, de coûts et de conséquences. C’est voir plus loin que la prochaine annonce, même si le projet ne tient pas dans un slogan.

La vraie vie

D’autres réponses ramènent brutalement à aujourd’hui.

Une mère m’a écrit qu’elle songeait à annuler son vote parce qu’elle ne peut pas retourner travailler, faute de place en CPE.

Voilà une crise du travail, du coût de la vie et de l’égalité entre les femmes et les hommes résumée en une seule phrase.

La semaine dernière, j’ai assisté à un débat entièrement consacré à la petite enfance, organisé par l’Association québécoise des centres de la petite enfance et le Collectif petite enfance. Les partis représentés avaient des idées et des engagements. Mais pourquoi faut-il assister à un débat spécialisé pour les entendre?

Dans la grande campagne, les familles semblent souvent réduites à un crédit d’impôt ou à une promesse de place éventuelle.

Pendant ce temps, des parents attendent. Ils réorganisent leurs horaires, retardent leur retour au travail, perdent des revenus. Le problème n’est pas abstrait. Il est dans leur cuisine, chaque matin.

Les jeunes aussi ont l’impression de passer sous le radar. Ils entendent les partis courtiser les aînés, mais beaucoup moins parler de leur accès au logement, du prix de l’épicerie ou de leur capacité à devenir propriétaires un jour.

Comment peut-on prétendre gouverner sans écouter les jeunes?

Réparer avant d’annoncer

Une abonnée m’a répondu : «Arrêtez les promesses qui dépassent nos moyens! Réparons plutôt que de construire du neuf.»

Ça aussi, ça revient.

Entretenir ce qui existe fait moins rêver que d’annoncer du neuf. On coupe un ruban devant une nouvelle école, rarement après avoir remplacé le toit ou les fenêtres d’une école qui en avait besoin.

Qui a gagné «Le grand débat des chefs» sur Noovo et Crave? Difficile d’identifier un gagnant clair de la toute première édition du «Grand Débat des chefs», diffusé mercredi sur Noovo et Crave en direct du Campus Bell à Montréal, mais les experts de Noovo Info identifient quand même le chef qui a eu le moins mal.

Pourtant, pendant qu’on annonce de nouveaux projets, des établissements se détériorent, des infrastructures vieillissent et des services publics peinent à remplir leur mission. Même les livres manquent dans beaucoup de classes.

Gouverner, c’est lancer de grandes idées, mais aussi prendre soin de ce que nous avons déjà.

Blasés, mais attentifs

Une autre abonnée m’a écrit : «Je suis très blasée. Je ne fais plus confiance aux promesses, mais je suis indécise.»

Cette phrase raconte peut-être mieux la campagne que bien des sondages.

Cette électrice n’a pas décroché. Elle cherche encore. Mais les promesses ne suffisent plus à la convaincre. Elle veut savoir lesquelles sont réalistes, comment elles seront financées et si elles survivront au lendemain de l’élection.

Un autre électeur m’a dit qu’il voterait davantage pour la personne qui se présente dans sa circonscription que pour son parti. Il regardera les débats en famille.

Ces électeurs ne manquent ni d’intérêt ni de préoccupations. Ils demandent simplement mieux que des formules conçues pour gagner quelques points dans les sondages. Ils veulent savoir ce qu’on protégera, ce qu’on réparera et quelle direction on prendra.

À 18 jours du vote, ces électeurs savent ce qui compte pour eux.

Les partis, eux, ont-ils compris?

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