Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Je ne suis pas victime d’un Back to the future. Je ne suis pas retourné dans le passé pour changer le cours de nos élections.
Quoique certaines journées, avec ce qu’on entend sortir de la bouche de nos candidats, ce ne serait pas de refus. Je pourrais faire un gros reset comme on dit dans le domaine du nouvel âge.
Non, c’est en regardant la marée de pancartes électorales que j’ai ce petit sentiment d’être dans les années 80.
Je me demande vraiment: est-ce qu’en 2026, c’est encore pertinent de polluer avec tous ces cartons rectangulaires bien ficelés un peu partout sur chaque poteau (AUCUN n’est épargné) à grands coups d’attaches en plastique? Et lorsque je dis polluer, je le dis dans les deux sens.
Premier sens. Ça pollue visuellement.
C’est une attaque contre la rétine de chaque œil.
Je ne pense pas que personne ne s’est arrêté devant une de ces pancartes pour se dire : WOW. Ils l’ont bien jouée. Ce visuel est épatant. Ce slogan est fort. Ce montage est révolutionnaire. Cette superposition de la photo du candidat avec celle de son chef est un coup de génie et du jamais vu. Cet arrière-plan de mode de vie urbain donne envie de voter. Je vais me souvenir longtemps de cette pancarte. Personne. Nada.
Alors, si je n’accroche sur le visuel de ta pancarte, ça devient un outil complètement inutile et désuet. C’est juste un gros carton qui traîne sur le terre-plein au coin d’une intersection. Au mieux, un tableau pour donner libre court aux talents des dessinateurs urbains. Ça fait pratiquer leur dessin d’œil de pirate et d’effaçage de dentition.
Deuxième sens. Ça pollue l’environnement.
On nous fait la morale à grands coups de paille en carton et d’ustensiles en bambou qui piquent une écharde dans la gencive à la première bouchée, mais des milliers de pancartes en carton et des milliers d’attaches en plastique, pas de problème. C’est pour une bonne cause.
Eh bien, non.
Ça n’a pas de sens.
C’est du gaspillage de matériel et d’argent. On utilise beaucoup trop d’arbres pour des imprimés dont les couleurs pâlissent vite au soleil et qui servent de perchoir aux écureuils. C’est incohérent.
Lorsque je sors de l’épicerie avec mon sac en tissus recyclable parce qu’on a interdit les sacs en plastique et que je vois la montagne de pancartes en carton, oui, c’est une incohérence.
Vous me direz : oui, mais Perron, c’est utile pour savoir qui sont les candidats dans nos circonscriptions. On connaît les chefs, mais les candidats, eux, c’est moins clair. C’est vrai. Mais honnêtement, si on veut vraiment savoir pour qui voter et connaître les candidats dans notre coin, ce n’est pas une pancarte qui va nous renseigner. Au maximum, vous aurez un nom.
Si on veut être habileté à faire un bon choix, c’est par la télé, la radio, les journaux et le fabuleux monde des réseaux sociaux qu’on va s’informer. En deux-trois clics sur le web, vous pouvez avoir accès à toute l’information sur l’ensemble des candidats dans votre circonscription.
Ça peut être aussi une soirée informative dans notre ville. Téléphonez au bureau des partis dans votre coin. Quand on veut vraiment, on peut avoir une réponse à nos questions assez facilement.
C’est notre responsabilité et notre devoir de s’informer pour faire un choix éclairé.
Et une pancarte électorale en carton ne fait rien de ça.
Il reste un peu moins de deux semaines avant les élections.
Si j’étais un chef de parti, parmi les millions de promesses que je fais, j’inclurais la disparation des pancartes électorales au prochain scrutin.
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