Chroniques

Débats des chefs: quel chef a le plus de pression ?

Qui attaque qui? Quel électorat doit-on séduire, ménager, sacrifier? Les débats peuvent changer le cours d’une campagne et la pression est énorme.

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Les dirigeants des cinq principaux partis politiques du Québec: Ruba Ghazal, Charles Milliard, Paul Saint-Pierre Plamondon, Éric Duhaime et Christine Fréchette. (Images tirées de La Presse canadienne et montage Noovo Info) Les dirigeants des cinq principaux partis politiques du Québec: Ruba Ghazal, Charles Milliard, Paul Saint-Pierre Plamondon, Éric Duhaime et Christine Fréchette. (Images tirées de La Presse canadienne et montage Noovo Info)

Trois sondages publiés la veille du premier débat, alors que les chefs sont en plein dans leur préparation, peuvent influencer la manière dont chacun va se comporter durant les joutes tant attendues.

Qui attaque qui? Quel électorat doit-on séduire, ménager, sacrifier? Les débats peuvent changer le cours d’une campagne et la pression est énorme.

Le Parti Québécois demeure en tête, mais en zone minoritaire. La CAQ perd de nouveau quelques plumes, le PLQ demeure en difficulté, surtout dans l’électorat francophone. Duhaime est bien en selle pour atteindre ses objectifs et Ghazal ferme la marche avec un score plus bas qu’en 2022, ce qui laisse présager des pertes.

Paul St-Pierre Plamondon: garder le cap

La pression sur le chef péquiste repose sur le fait que le PQ est en tête des sondages depuis maintenant trois ans, et qu’après avoir caracolé à 40 % à la fin 2025, il peut compter sur un score qui environne les 30 % depuis un bon moment, et ça semble tenir.

St-Pierre Plamondon subit la pression du meneur, celui qui a le plus à perdre dans un exercice de débat. On cherche à éviter les erreurs, on essaie de contrôler le récit et de garder son calme alors qu’on sait qu’on sera la cible de nombreuses attaques, contrairement à 2022.

Élections provinciales: les partis parlent-ils des vrais enjeux? Noovo Info s’est notamment demandé quel était l’intérêt des électeurs en ce moment, quelles étaient les priorités des citoyens et si, selon eux, les différents partis en parlent suffisamment.

Christine Fréchette: faire bouger les choses

Mme Fréchette fait une campagne sans coup d’éclat, un peu comme si elle était première dans les sondages. Or, si elle ne brasse pas la cage, la tendance, qui n’est pas en sa faveur en ce moment, ne changera pas. Elle a la pression de faire bouger les choses, alors que ça ne semble pas être dans sa nature. Elle sera aussi la cible d’attaques des chefs qui ne veulent surtout pas que les gens oublient qu’elle est à la tête de la CAQ, quoi qu’elle en dise!

Charles Milliard: faire (bonne) impression

Un peu comme Mme Fréchette, le chef libéral doit changer la tendance du moment. Mais contrairement à la cheffe caquiste, M. Milliard n’avait pas les rennes du gouvernement pour se mettre de l’avant. Il a choisi de prendre ça tranquille avant la campagne électorale et on a l’impression qu’il s’est fait doubler par tout le monde.

On a l’impression de ne pas bien le connaître lui, mais aussi son projet de société. M. Milliard a énormément de pression, il se doit d’utiliser les débats pour se faire connaître et convaincre les citoyens que le PLQ est une option viable durant cette élection. Les commentaires anonymes d’anciens libéraux (probablement des partisans de ses adversaires de chefferie) critiquant sa campagne dans les médias n’aident en rien à se mettre dans de bonnes dispositions pour cet important exercice.

Éric Duhaime: trouver le bon ton

Duhaime est à mes yeux celui qui a le moins de pression. Certes, les débats sont un moment important pour tout le monde ! Mais le chef conservateur a mené une campagne assumée qui le rend indémontable, en plus de ne pas viser le pouvoir comme tel et d’avoir l’expérience de 2022.

Sa faiblesse, c’est son équipe de candidats, qui peut encore lui provoquer des balles courbes en plein débat.

Duhaime connaît bien ses priorités et son électorat, il serait surprenant qu’il s’enfarge suffisamment pour changer la donne dans sa campagne. Il pourrait vouloir se rendre plus aimable auprès du grand public, tout en sachant que ses électeurs les plus convaincus ne changeront pas d’idée, eux qui n’écoutent plus beaucoup les médias traditionnels de toute façon.

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Ruba Ghazal: c’est possible?

Québec solidaire a mené une campagne correcte, avantagée par la relative absence d’attaque des adversaires et des médias. Bien que cela évite de mauvaises journées de campagne, cela veut également dire que les adversaires ne voient pas en vous une menace. Ghazal a de la pression, car le parti performe moins bien qu’en 2018 et 2022, et qu’elle risque de perdre plusieurs comtés si la tendance ne change pas.

Elle doit marquer sa différence et aller rechercher ceux et celles qui ont cru au programme de QS lors des élections précédentes en misant sur quelques enjeux clés et en évitant de s’éparpiller.

Bref, chaque chef a ses objectifs, ses défis et des pièges qui les attendent. Plusieurs électeurs attendent les débats pour se faire une idée finale, surtout avec ce portrait morcelé.

Pour ma part, je vous retrouve mercredi 16 septembre dès 19h au grand débat des chefs Noovo/Crave!

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