J’éprouve beaucoup de plaisir à faire mon boulot de chroniqueur culturel au Noovo 17 h et parfois, ce plaisir est transformé en moment unique. Comme celui d’aller couvrir le grand retour (Ze big One comme disent les Parisiens) de notre Céline (oui, elle est à nous) à Paris.
Un 48 heures d’adrénaline, d’émotions et de décalage horaire.
C’était le chaos autour de La Plénitude aréna samedi soir. Dès 18 h, ça se bousculait aux portillons. La sécurité peinait à gérer le tout. Le public voulait prendre place dans cette immense salle. On sentait la fébrilité et l’excitation partout. Une marée de fans débordants de bonheur de retrouver leur diva.
Mais on sentait aussi une certaine appréhension.
Comment allait-elle être sur scène ? Sans le dire vraiment ouvertement, tout le monde se demandait si ça se passerait bien pour elle sur scène compte tenu de sa maladie du corps raide. Une appréhension pleine d’amour et d’empathie, mais une appréhension quand même.
Et puis, avec 45 minutes de retard, les lumières se sont éteintes, les deux structures grises de son décor se sont à peine entre ouverte pour la laisser apparaître dans sa robe noire.
Elle s’est avancée vers le centre de la salle sous un tonnerre d’applaudissements.
Juste derrière elle, son pilier musical, Scott Price était au piano. Elle a chanté timidement « On ne change pas ». Sa voix a brisé. Pas à cause de sa maladie, mais à cause de l’émotion beaucoup trop intense. Des retrouvailles inespérées qui arrivaient finalement.
Nous étions heureux de la retrouver, mais pas autant qu’elle. C’était elle la plus heureuse dans la place. À la troisième chanson, la bête de scène réapparaissait… Céline était back.
Elle a parlé peu. Elle nous a dit qu’elle revenait de très loin. Un long chemin de Compostelle qui n’est pas terminé parce que, comme elle nous l’a dit, c’est une bête qu’elle apprend encore à dompter. Mais elle nous a dit aussi qu’elle avait décidé de faire de cette épreuve, cette maladie, une force.
Ça m’a marqué.
Ça m’a marqué parce que ça m’a rappelé que c’est vrai qu’on peut faire ce choix. En faire notre force. Quand la vie nous lance en pleine face une épreuve épique, on a tout un chacun notre façon d’y faire face.
Que ce soit la maladie, un deuil ou un changement de situation de vie, il arrive un moment où on doit s’adapter, accepter et utiliser ce nouvel état pour nous propulser vers l’avant. Comment sera notre suite ? C’est à nous d’y voir. On ne peut pas tout maîtriser, mais notre pensée, oui.
Les épreuves n’épargnent personne. Riche ou pauvre. Vedette ou pas. Tout le monde est égal dans l’adversité. Mais notre façon de faire face au ciel qui nous tombe sur la tête peut changer le cours de notre suite de vie. Ça ne règle pas nécessairement le problème. Malheureusement.
Comme dans le cas de Céline, sa maladie est là pour de bon. Mais elle peut mettre ses énergies à aller de l’avant. Ça ne veut pas dire qu’on ne plie plus les genoux. Ça ne veut pas dire que certains jours ne sont pas très difficiles. Ça ne veut pas dire que la colère et le sentiment d’injustice ont disparu. Ça ne veut pas dire que le découragement ne nous submerge plus.
Ça veut juste dire que, la majorité du temps, on met notre énergie à se faire une vie qui se peut encore, mais différemment. Je crois sincèrement que le positif attire le positif. Que notre philosophie de vie peut impacter notre quotidien au jour le jour. Les jours deviennent moins lourds.
Céline n’a rien inventé. Elle ne nous fait pas découvrir la résilience. On sait tous cela. Je suis convaincu que vous avez plein d’exemples autour de vous.
Mais parfois, c’est important de se le faire rappeler. Et parfois, c’est par une grande chanteuse, un soir de première, après une longue absence.
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