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Ce que 16 ans de bénévolat à l’école m’ont appris

Le bénévolat ne devrait pas compenser les failles de l’école ; il devrait l’enrichir.

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Chronique Maude Goyer | »Ce que 16 ans de bénévolat à l’école m’ont appris» (Image tirée d'Envato et montage Noovo Info) Chronique Maude Goyer | »Ce que 16 ans de bénévolat à l’école m’ont appris» (Image tirée d'Envato et montage Noovo Info) (Banque d'images Envato)

Lundi soir, j’ai assisté à ma dernière assemblée de l’association de parents du collège de mes enfants. Une assemblée somme toute ordinaire, avec un ordre du jour, un procès-verbal, des discussions sur les projets de fin d’année et le budget. Puis, le point «levée de la séance».

En refermant la porte de l’école derrière moi, j’ai réalisé que je ne quittais pas seulement une réunion. Je tournais la page sur seize années de bénévolat dans les milieux de vie de mes enfants : à la garderie, au primaire, puis au secondaire.

16 ans.

En tant que parents, on souligne souvent les premières : premiers mots, premiers pas, première journée d’école, premiers diplômes… Mais personne ne parle des dernières fois.

La dernière réunion. Le dernier spectacle. Le dernier courriel de la direction. La dernière campagne de financement.

Et un jour, presque sans s’en rendre compte, la dernière fois où l’on est parent d’élève.

Ces premières et ces dernières fois nous rappellent que la vie avance par chapitres.

Pendant toutes ces années, l’école a occupé une place importante dans ma vie. Comme bien d’autres parents bénévoles, j’ai participé à des réunions, organisé des activités, contribué à des levées de fonds, discuté de projets, de finances, de priorités.

Comprenez-moi bien : je n’écris pas cela pour recevoir des fleurs.

Je raconte cela parce que cette dernière réunion m’a fait réaliser que derrière nos écoles, il existe une armée discrète de bénévoles.

Un réseau, une communauté

Quand on est parent, on voit d’abord l’école comme un service. On y dépose son enfant le matin. On lit les courriels. On signe des formulaires. On assiste aux rencontres de parents en début d’année.

Lorsqu’on s’implique davantage, on découvre les coulisses.

On découvre des directions d’école qui jonglent avec des ressources limitées. Des enseignants passionnés qui donnent beaucoup plus que ce qui se retrouve dans leur description de tâches. Des éducatrices, des secrétaires, des concierges dont le travail est essentiel, mais peu reconnu.

Et on découvre des parents.

Ceux qui veulent innover, trouvent des solutions, brassent des idées. Ceux qui prennent des notes, gèrent des campagnes de financement et siègent sur des comités. Des parents qui gèrent des bénévoles, assistent à des rencontres, réfléchissent à la meilleure façon d’améliorer le milieu de vie des élèves.

Interdiction du cellulaire au primaire et au secondaire: des élèves s'expriment Il y a un an, le ministère de l’Éducation instaurait une interdiction du cellulaire pour les élèves du primaire et du secondaire. À l’approche de la fin de l’année scolaire, Noovo Info est allé rencontrer quelques élèves à ce sujet.

Travail invisible

Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est qu’ils font tout cela après leur journée de travail.

Une réunion à 19 h. Un document à relire à 22 h. Une activité à organiser la fin de semaine. Une campagne de financement à coordonner entre deux rendez-vous professionnels.

Ce travail est invisible. On parle trop rarement de toutes ces heures bénévoles qui se cachent derrière les projets qui font vivre nos écoles.

Une école, ce n’est pas seulement un bâtiment où l’on transmet des connaissances. C’est une communauté. Et comme toute communauté, elle repose sur des gens qui acceptent de donner un de leur temps.

À une époque où les débats sur l’éducation tournent souvent autour des résultats scolaires, des écrans, des infrastructures ou du financement, on oublie cet ingrédient essentiel : l’engagement citoyen.

Oui, nos écoles tiennent grâce au personnel qui y travaille. Heureusement. Mais elles tiennent aussi grâce à des milliers de parents qui s’impliquent, dans toutes les régions du Québec.

Attention : je ne dis pas que le bénévolat doit remplacer les ressources publiques. Bien au contraire.

Ensemble

Mais dans un réseau qui peine parfois à répondre à tous les besoins, dans un réseau qui craque, l’engagement des citoyens sert à combler des manques.

Est-ce normal ? Pas tellement. Il me semble que le bénévolat ne devrait pas compenser pour les failles de l’école ; il devrait l’enrichir l’école.

Malgré tout, après seize ans passés dans différents milieux préscolaires et scolaires, je suis impressionnée par ce que nous sommes capables d’accomplir lorsqu’on se mobilise autour d’une cause qui nous tient à cœur.

Au fil du temps, j’ai compris que le bénévolat ne transforme pas seulement les écoles. Il transforme les parents.

On développe des amitiés. On apprend à collaborer. On comprend mieux ce qui se passe en classes. On cesse de voir l’école comme quelque chose qui fonctionne en vase clos.

On réalise surtout qu’élever des enfants n’est pas une aventure entièrement individuelle.

Lundi, en quittant cette dernière réunion, je n’ai pas pensé aux heures investies ni aux projets réalisés. J’ai pensé aux parents qui restent, à ceux qui font une différence.

On parle souvent de ce qui ne fonctionne pas dans notre réseau scolaire.

On parle moins de tous ceux qui contribuent, discrètement, à le faire tenir debout.

C’est à eux que j’ai pensé en refermant doucement la porte. Un autre chapitre se termine.

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