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Ce n’est pas la girouette qui tourne (mais le vent)

«Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.»

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Chronique Me Frédéric Bérard | «Ce n’est pas la girouette qui tourne (mais le vent)» (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne) Chronique Me Frédéric Bérard | «Ce n’est pas la girouette qui tourne (mais le vent)» (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne) (La Presse canadienne)

Voilà comment, Edgar Faure — prolifique ministre français plus tard admis à l’Académie — justifiait, devant l’électorat, ses volte-face. Le député et maire Henri Queuille en avait une pas mal, lui aussi : «Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.»

Un engagement ponctuel brisé, cela dit, est une chose.

Mais renier ses convictions, une autre.

Tristement, un bref regard de quelques postures actuelles des cinq principaux partis en lice — ou encore de leur chef — témoigne, sans forcer, de principes cardinaux délaissés au profit d’un électoralisme manifeste.

Les conservateurs d’Éric Duhaime, d’abord : le parti des libertés individuelles — on l’avait bien saisi, pendant la pandémie — et de l’autonomie citoyenne face à l’intervention étatique.

Mon char, mon choix, comme première illustration, couper un absurde 47 milliards de dépenses gouvernementales, pour la deuxième. Au point où la formation, au sens idéologique du terme, tire davantage sa source à même le libertarisme, école du chef, que du conservatisme classique. On s’attendrait conséquemment ainsi, de la part d’un véhicule semblable, qu’il fasse la promotion ardente, et non négociable, du respect des droits fondamentaux.

Or, à l’occasion du lancement d’un bouquin à l’hiver dernier, Duhaime annonce qu’une fois formant le gouvernement, le cas échéant, son parti suspendra, de manière préventive et en bloc — merci aux dispositions dérogatoires — toutes les libertés publiques prévues aux chartes, laissant ainsi le chemin libre à l’État et à de potentielles mesures liberticides.

La grande surprise des élections 2026? Le Parti conservateur du Québec (PCQ) est-il la grande surprise de cette campagne électorale? En observant la hausse récente de la formation politique d’Éric Duhaime dans les intentions de vote, tout indique que oui.

La CAQ de Christine Fréchette, maintenant : ses quelques mois, probablement d’ailleurs les seuls, comme première ministre, auront permis de détonner, côté style, avec son prédécesseur Legault, particulièrement sur le plan « identitaire ».

Discours positif, rétablissement de l’important PEQ, fin de la division intéressée, jusqu’à… ce week-end. Voyant ses appuis fondre sans cran d’arrêt, la tentation était trop forte de renouer avec le racisme dégoulinant : les réfugiés, malgré une décision limpide et récente de la Cour suprême à l’effet contraire, ne devraient plus avoir accès aux CPE, idem pour l’accès aux logements, où ils arriveront en queue de peloton.

De la préférence nationale à son meilleur, idée toxique propulsée par l’extrême droite française et autre, et jugée interdite par la Cour européenne des droits de l’Homme.

Aux tours de libéraux de Charles Milliard : jadis champion des droits fondamentaux, la posture du parti à cet égard forcerait une chatte à perdre ses petits.

Oui ou non, renouveler la disposition dérogatoire sur 21 et 96 ? Ni pour, ni contre, mais bien au contraire semble balbutier ce dernier.

Les solidaires de Ruba Ghazal : si, en 2022, GND nous mettait sévèrement en garde — et à juste titre — de l’importance de l’élection en matière environnementale, allant même jusqu’à qualifier celle-ci de «dernière chance», d’aucuns remarqueront un assouplissement, et voilà un euphémisme, de son constat d’urgence.

Alors qu’il promettait en 2022 une réduction de 55% des GES, le parti maintenant de 37,5%. Interdiction de vente de véhicules à essence? Maintenant 2035 plutôt que 2030. Du droit de les immatriculer ? 2045 et non 2040. La carboneutralité de l’État québécois ? D’un «au plus tard en 2050» à un arbitraire «vers 2050».

Ses promesses d’immobilisation en transport collectif? Un spectaculaire (et nécessaire) 76 milliards, en 2022, soit le triple de l’engagement actuel. La taxe sur les véhicules énergivores, ridiculisée puis instrumentalisée par ses adversaires, lors de la dernière campagne ? Disparue.

Enfin, le Parti Québécois de Paul St-Pierre-Plamondon: par où commencer, et surtout, comment finir?

Le vote par anticipation est-il plus populaire lorsque la course est serrée? Selon les récentes données d’Élections Québec, près de 14% des électeurs ont voté par anticipation dans la journée de dimanche.

Pas simple, tellement les convictions du chef péquiste ont des allures de tourniquet sur les stéroïdes. On reprendra, pour des fins de commodités et d’espace, surtout-les conclusions de son propre rapport Osez repenser le PQ, produit entre ses deux courses à la chefferie, accusant sa formation d’être «vieillissante», «intolérante», et «blanche-centriste».

Le document, curieusement depuis effacé du site web du parti, se voulait un petit bijou d’humanisme et de vivre-ensemble. Parmi ses 156 recommandations (sans farce), on remarque l’embauche immédiate de minorités visibles comme attachés politiques, d’accélérer les nominations de membres des communautés culturelles à même les postes d’importance dans le parti, idem auprès de son exécutif, et que les prochaines campagnes électorales priorisent les luttes contre le racisme systémique et le profilage racial.

D’aucuns concluraient, à voir aller le PQ édition 2026, à une mauvaise blague (ou à l’influence d’un certain conseiller de Paris).

Dixit Groucho Marx: Voilà mes principes! Et si vous ne les aimez pas, j’en ai d’autres!

Pas mal ça.

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