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Bilan politique: un avant-goût avant l’élection

Quel avant-goût les partis nous laissent-ils avant les vacances estivales?

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Chronique Jean-François Daoust | «Bilan politique: un avant-goût avant l’élection» (Image tirée de La Presse canadienne et montage Noovo Info) De gauche à droite, les chefs de la CAQ, du PLQ, du PQ, de QS et du PCQ: Christine Fréchette, Charles Milliard, Paul St-Pierre Plamondon, Ruba Ghazal et Éric Duhaime. (La Presse canadienne/Montage Noovo Info)

La session parlementaire tire à sa fin. Il s’agit de la dernière ligne droite avant la campagne électorale en vue des élections prévues pour le 5 octobre prochain. Quel avant-goût les partis nous laissent-ils avant les vacances estivales ?

Coalition Avenir Québec: nouveau visage, même marque de commerce

La nouvelle première ministre, Christine Fréchette, a permis de changer le visage (littéralement) du gouvernement, mais ne semble pas pouvoir changer la marque de commerce de la CAQ. Après tout, difficile de changer une perception basée sur huit ans en seulement quelques mois.

Alors que l’économie et la gestion des finances publiques ont été cruciales pour la conquête du pouvoir de la CAQ, elles sont maintenant le talon d’Achille du parti.

Le récent rapport de la Vérificatrice générale, qui critique notamment la gestion des subventions accordées à la filière batterie, nous rappelle le scandale de Northvolt et n’aidera certainement pas le parti.

Le recrutement de candidatures sera pénible et on entrevoit difficilement un avenir radieux pour la CAQ.

Christine Fréchette fait la «chasse aux sources», clament les oppositions Les oppositions à Québec ont dénoncé une «chasse aux sources» de la part de la première ministre, Christine Fréchette, après le congédiement d’un fonctionnaire.

Parti libéral du Québec: comme une odeur de corruption et un positionnement taillé sur mesure pour Montréal

L’arrivée de Charles Milliard à la tête du PLQ en mars dernier s’est faite dans un contexte d’allégations de manquements éthiques en lien avec la course à la chefferie. Comme mentionné dans une chronique précédente, les enjeux d’intégrité et d’éthique plombent les libéraux depuis un bon moment en politique québécoise.

Les allégations sont si sérieuses que l’Unité permanente anticorruption du Québec (UPAC) mène présentement une enquête sur les libéraux. En fait, la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale du Québec et le Directeur général des élections du Québec ont également été impliqués. C’est certainement assez pour faire planer un gros doute quant à l’éthique libérale.

De plus, Charles Milliard fait face à un énorme défi, celui de rapprocher son parti de l’électorat francophone. Il enchaîne cependant les bourdes. Sa dernière en liste : affirmer qu’il y avait deux langues officielles au Québec, le français et l’anglais. C’est faux, et Robert Bourassa a dû se retourner dans sa tombe !

Erreur de débutant (car, rappelons-le, il est le seul chef des partis principaux sans expérience parlementaire) ? Pas vraiment. Son positionnement sur l’application de la Loi 101 dans les milieux de formation professionnelle nous rappelle qu’il porte bien l’héritage du PLQ.

La réponse libérale au déclin du français au Québec est essentiellement qu’il faut en faire moins que ce qui est actuellement proposé. Un avis qui est taillé sur mesure pour le cœur de son électorat, à savoir l’île de Montréal, sans rejoindre l’électorat francophone dans son ensemble.

Parti Québécois: PSPP, solide, s’aventure sur le terrain de l’économie

Le Parti Québécois s’aventure sur un terrain qui lui est généralement moins favorable, mais qui est maintenant à sa portée depuis la chute du règne de François Legault : l’économie.

Le parti est sur une lancée quant au recrutement, notamment en économie, avec, par exemple, les candidatures de René Branchaud, spécialiste en droit des affaires, et d’Anne Nguyen, spécialiste de l’intelligence artificielle. Il multiplie aussi les interventions visant à faire de l’économie un enjeu central de la prochaine campagne.

Le PQ a également marqué un grand coup, notamment pour les progressistes, en faisant de la réduction de l’itinérance la grande priorité sociale de la première année d’un gouvernement péquiste.

Il semble donc y avoir une fondation solide pour une coalition plus qu’intéressante d’électeurs qui valorisent à la fois la compétence économique et la responsabilité sociale.

Malgré les tirs groupés contre Paul Saint-Pierre Plamondon, le chef demeure le leader le plus apprécié des Québécois. Il est systématiquement considéré comme étant le meilleur chef pour devenir premier ministre.

Parti conservateur: une existence formelle juste avant la campagne

Le Parti conservateur du Québec a franchi une étape importante avec l’arrivée d’une première voix à l’Assemblée nationale (Maïté Blanchette Vézina).

Le PCQ n’a pas pu faire grand-chose durant la session, mais désormais, il existe institutionnellement parlant à l’Assemblée nationale, ce qui devrait l’aider à se faire reconnaître comme un joueur incontournable durant la prochaine campagne.

Québec solidaire en bruit de fond

Les thèmes portés par Québec solidaire, comme la crise du logement, sont d’une importance fondamentale. Le parti n’est toutefois simplement pas sérieux dans ses réponses.

Au mieux, le parti agira comme porteur de thèmes pour lesquels les autres partis ont plusieurs solutions crédibles et sérieuses, comme c’est le cas en matière d’itinérance.

Au pire, QS sera un élément polarisateur en accusant les différents partis politiques de tous les torts.

Discussions politiques autour du BBQ

À l’aube de la période estivale, c’est donc cette impression générale qui risque de rester dans l’esprit de l’électorat : une CAQ fragilisée qui attend sa fin de règne, un Parti libéral incapable de bien représenter les francophones et un Parti québécois qui apparaît, pour l’instant, comme la formation ayant le plus clairement défini son terrain de jeu pour la prochaine campagne.

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Jean-François Daoust

Jean-François Daoust

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Professeur de science politique