Lorsque Barack Obama a été élu président des États-Unis en novembre 2008, les attentes ne pouvaient pas être plus élevées. Non seulement il était le premier président afro-américain, il avait aussi fait campagne avec un agenda progressiste et avait courtisé la jeunesse américaine. Il héritait également d’une crise financière et de deux guerres, celle d’Irak et d’Afghanistan.
Lorsque Barack Obama a été élu président des États-Unis en novembre 2008, les attentes ne pouvaient pas être plus élevées. Non seulement il était le premier président afro-américain, il avait aussi fait campagne avec un agenda progressiste et avait courtisé la jeunesse américaine. Il héritait également d’une crise financière et de deux guerres, celle d’Irak et d’Afghanistan.
Pourquoi je vous parle de Barack Obama ? Parce que les attentes étaient aussi, sinon plus grandes pour Joe Biden lorsqu’il a été porté au pouvoir il y a de cela un an. Attentes verbalisées ou non, parce qu’on prenait beaucoup de choses pour acquises : il va ramener le professionnalisme à la Maison-Blanche, il va tendre la main à ses collègues républicains comme il l’a fait pendant plus de 30 ans au sénat, il va terminer la transformation sociale amorcée par Obama lorsqu’il était son vice-président. Bref, il allait être tout le contraire de Donald Trump et c’est ce qu’une majorité d’Américains souhaitaient.
L’anti-Trump
Il ne faut pas perdre de vue que Joe Biden n’a pas été élu parce qu’il était populaire ou encore parce qu’il était charismatique, c’est plutôt le contraire. Rappelons-nous que lors des primaires démocrates, il était loin d’être le favori pour l’emporter. Je me souviens d’ailleurs d’une visite dans ses bureaux du New Hampshire juste avant la primaire démocrate. Je me corrige immédiatement : l’absence de bureau électoral. Son équipe de campagne avait vidé l’endroit et avait choisi de passer au prochain État en sachant très bien qu’il n’avait aucune chance de terminer premier.

Photo: Les bureaux vidés de la campagne de Joe Biden à Manchester, New Hampshire le 10 février 2020. Crédit: Valérie Beaudoin
Joe Biden a été choisi parce qu’il était la solution « sûre », l’antithèse de Trump, le « good uncle Joe », celui qui pouvait réconforter une Amérique endeuillée et divisée après quatre années de présidence Trump et une horrible pandémie.
Chaos et promesses non tenues
La lune de miel a été de courte durée. Au départ, il était absent du radar et pour plusieurs cela était rafraîchissant. Il devait également redresser l’économie post première vague, embarquer avec le reste du monde dans la deuxième et redorer l’image ternie des États-Unis à l’étranger.
Le point tournant a été à mon avis le désormais nommé « fiasco » de l’Afghanistan, le retrait chaotique des troupes américaines après 20 ans de guerre et trois autres présidences. Les Américains l’ont perçu comme non préparé et même faible. Ensuite est venue la hausse fulgurante de l’inflation. Une fois que le portefeuille des citoyens est touché, il est difficile de faire bonne figure. Puis, une trop faible présence médiatique et des points de presse qui n’ont pas mis en confiance une grande partie de la population.
Au niveau législatif, il a pu faire passer son plan d’infrastructures dans une entente bipartisane avec bon nombre de républicains. Une rareté dans un contexte aussi polarisé. Mais il n’a pas pu faire passer son grand plan de réformes sociales et environnementales, une pièce centrale de son agenda politique. Dernièrement, il n’a pas non plus su livrer une réforme électorale qui visait à empêcher les lois restreignant l’accès au vote, des mesures affectant particulièrement les Afro-Américains.
Au moment d’écrire ces lignes, il joue un jeu potentiellement dangereux avec la Russie qui menace d’envahir l’Ukraine, un pays allié des États-Unis. Il semble vouloir prouver qu’il peut agir avec fermeté lorsque nécessaire et éviter de perdre la face comme avec le chaos afghan. Les démocrates et lui espèrent sortir grands gagnants de ce bras de fer diplomatique et ainsi gagner des points d’ici les élections de mi-mandat qui approchent.
Les midterms
À ce sujet, nous accordons beaucoup d’importance à l’élection présidentielle (avec raison), mais il ne faut pas négliger les élections de mi-mandat, particulièrement dans le contexte actuel où Joe Biden peine à s’entendre avec l’ensemble de son parti.
La totalité des membres de la Chambre des représentants sont en élection, le tiers du Sénat ainsi que bon nombre de gouverneurs. Les démocrates détiennent actuellement une majorité (mince) dans les deux chambres et ont de la difficulté à mener leurs projets de loi à terme. Il y a de fortes chances que Joe Biden se retrouve après l’élection du 3 novembre prochain avec un congrès républicain !
Sa cote de popularité est au plus bas avec taux d’approbation de 40 % en moyenne. Si l’élection avait lieu demain matin, Donald Trump terminerait premier selon les sondeurs. Même constat, si Donald Trump s’opposait à l’actuel vice-président Kamala Harris. Les Américains sentent que les promesses n’ont pas été tenues et qu’ils ont été laissés tomber par l’administration actuelle. Est-ce que les attentes étaient trop élevées ? Possiblement.
Chose certaine, les démocrates devront prier (toughts and prayers) pour que le vent tourne en leur faveur s’ils souhaitent le statu quo ou encore creuser leur majorité.
La balle est dans le camp de Joe Biden et ses troupes.

