Chroniques

Instinct de survie recherché

«Je n’ai pas la science infuse, mais j’ai encore mon instinct de survie.»

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(Envato Elements | Noovo Info)

Instinct de survie : c’est ce qui pousse les humains à se préserver et à survivre au sein de son environnement. Notre cerveau est CONÇU de manière à réagir face à une situation qui présente un danger, et ce, de façon INSTINCTIVE.

 

Il y a bien longtemps, dans les temps anciens, chaque être humain enclenchait son instinct de survie dès qu’un danger se pointait le bout du nez, augmentant ainsi, de façon très significative, ses chances de survie et de passer un magnifique restant de vie sur terre.

Au loin dans le sentier, un chat sauvage affamé vous attendait pour vous transformer en T-bone ? Mode instinct de survie enclenché. On reculait lentement en sonnant notre cloche à ours (ce n’est pas le même animal, mais il ne fait pas la différence entre une cloche à ours et une cloche à chat sauvage) et on retournait à notre voiture. Fin de l’aventure de hiking dans les Rocheuses.

Le feu se déclarait dans votre foyer parce que vous n’aviez pas fait signe à Maurice, le roi du ramonage à l’automne ? Mode instinct de survie enclenché. On prenait rapidement son portefeuille, Cantaloup votre chat et on sortait de la maison. Cantaloup, votre portefeuille et vous étiez sain et sauf en moins de temps qu’il ne faut pour chanter « bonne fête » à grand-maman Simone.

Mais les réseaux sociaux ont fait presque totalement disparaître cet instinct de base qui nous avait été remis par madame Évolution de l’humain. L’instinct de survie se trouvait dans le même sac de départ de naissance que la faim, la soif, dormir, rire, pleurer, aimer et apprendre. L’instinct de survie est passé à travers une maille du filet. Oups! Mais pas chez tout le monde, heureusement. Mais chez beaucoup trop, toutefois. La soif de se filmer en danger a poussé l’instinct dans la poubelle. Bye. Merci, on va d’abord gérer nos réseaux sociaux avant de sauver notre peau.

Ça m’a frappé une fois de plus cette semaine en voyant certains clips de gens sur le mont Etna quand celui-ci a décidé de cracher un bon reflux de lave et de cendres. Bien entendu, la plupart fuyaient les lieux pour se mettre à l’abri. Mais beaucoup trop de personnes ont d’abord pris le temps de se filmer dans le bon angle (pointant, tout sourire, le nuage noir en furie qui s’amenait vers eux) avant de quitter vers le bas de la montagne.

Et pas vraiment d’un pas urgent parce que ça aurait fait trop sautiller leur téléphone et l’image aurait été floue. C’était plus : un pas de petite marche d’après souper dans le quartier pour faire descendre la lasagne.

On a l’impression qu’à aucun moment, le cerveau n’a enclenché le système d’alarme de survie. Il n’y a pas eu de message d’alerte qui hurlait : attention! Possibilité de brûler vif. Danger d’étouffer à cause d’un surplus de cendres dans les poumons. Veuillez quitter les lieux genre là pis vite. Rien de tout ça.

Et c’est un exemple parmi beaucoup d’autres. Je suis certain qu’en ce moment, vous avez plein d’exemples qui vous viennent en tête. Ce moment où tu te dis en regardant un clip : ben voyons. Arrête de filmer et décâlice. Tu joues avec ta vie.

Mais non, pour ces personnes, la captation d’un danger imminent l’emporte sur la survie de base. Tout le monde sera d’accord pour dire que la vie vaut plus qu’un moment viral sur le web. Mais visiblement, dans la pratique, ça ne passe pas toujours comme ça. On aime mieux filmer la vague scélérate qui vient vers nous que d’aller se réfugier dans le palmier le plus proche.

Je ne veux pas être trop sarcastique, mais on dirait que l’expression « avoir son 15 minutes de gloire » ne peut pas être plus vraie. Parce qu’après ce 15 minutes, il y a bien des chances que tu ne sois plus là.

Mais bon, comme d’habitude, ça reste mon petit avis. Je n’ai pas la science infuse, mais j’ai encore mon instinct de survie.

Et une dernière chose : lève la tête de ton cellulaire quand tu traverses une rue. On dirait que là aussi, l’instinct a débarqué du bateau de la protection naturelle.